Biogaz : la filière demande plus de visibilité et d'ambition
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(Unités de méthanisation de l'agglomération de Roanne)
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C'est dans un contexte de flambée des prix du gaz naturel (+56%, à 49 euros du mégawattheure), engendrée par le conflit iranien et l'arrêt de la production de GNL par le Qatar (20% du marché mondial), que s'est tenu le salon Expobiogaz, près de Lyon, les 10 et 11 mars dernier. Si la situation était présente dans tous les esprits, elle n'a pourtant pas accaparé les échanges.
« A chaque fois qu'il y a une crise comme il y a eu en Ukraine, et aujourd'hui en Iran, cela joue sur le biométhane. Les conséquences dépendent de la durée du conflit, des impacts sur le prix du gaz fossile », évacue presque Olivier Dusart, chargé de mission chez France Gaz Renouvelable.
Il faut dire que la filière mène déjà plusieurs combats au niveau national, sur les Certificats de production de biogaz (CPB) et la stratégie nationale bas carbone (SNBC) notamment. Car si la programmation pluriannuelle (PPE3), enfin publiée, est jugée globalement positive avec l'objectif fixé de 44 térawattheures (TWh) de biométhane injectés à horizon 2030 (contre 17 TWh en 2026), des attentes persistent.
Ce, grâce aux CPB qui disposent d'un cap clair jusqu'en...2028 seulement. C'est là que le bât blesse. « Il faut que la trajectoire court jusqu'en 2035 minimum car aujourd'hui quasiment aucun projet ne sort. Nous avons enregistré 200 à 250 gigawattheures (GWh) de CPB mais pour sortir de nouveaux projets et atteindre les 44 TWh, il faut une perspective », appuie Olivier Dusart, afin d'offrir aux banques la visibilité nécessaire pour financer ces projets.
« Nous sommes un peu rassurés car une notion de continuité et de progression des CPB est inscrite dans la PP3 à moyen terme mais il manque une trajectoire proprement dite », confirme Frédéric Terrisse, président de la commission Gaz renouvelable du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Les acteurs attendent donc la consultation qui doit être menée avec le gouvernement sur cette visibilité à horizon 2035, prévue à l'automne dernier et repoussée après les élections.
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