REPORTAGE. Alors que le projet de cession de SFR devait être présenté ce mercredi après-midi aux élus, des collaborateurs se sont massés à l’extérieur et dans la cour du siège parisien de l’opérateur. Les directions des trois repreneurs ont été accueillies sous le slogan « SFR, c'est nous ! ».
Une centaine de véhicules aux couleurs de SFR barrent l’accès au siège parisien de l’opérateur, à Balard, ce mercredi 24 juin, en fin de matinée. Leurs conducteurs ne sont pas venus fibrer le quartier mais simplement rappeler qu’ils existent, à grand renfort de klaxon. À l’intérieur du campus, la cour se remplit de collaborateurs avec des badges et des tee-shirts proclamant «SFR c’est nous».
Tous ces salariés ont répondu à l’appel des syndicats Unsa com et CFDT. Leur objectif : envoyer un message aux directions des trois opérateurs Bouygues Telecom, Free et Orange, qui comptent racheter SFR d’ici à la fin de 2027.
Des salariés de SFR inquiets pour leur avenir. (Crédits : La Tribune)
Attendus à 13h30 pour présenter leur projet de rachat aux instances représentatives du personnel, Benoît Torloting (DG de Bouygues Telecom), Nicolas Thomas (DG de Free) et Jérôme Hénique (DG d'Orange France) ont fini par glisser une tête timide dans la cour une demi-heure plus tard, accompagnés de leurs DRH. Après quelques huées calmées par Arthur Dreyfuss, le directeur général d'Altice France, ils sont tous partis en réunion. Les salariés ont alors entonné leur slogan «SFR, c'est nous ! ».
Les directeurs généraux de Orange, Jérôme Hénique, Bouygues Telecom, Benoôt Torloting, et de Free, Nicolas Thomas. (Crédits : La Tribune)
SFR SA, une coquille vide ?
Avant qu’ils n'arrivent, la foule avait déjà sifflé abondamment les opérateurs Free et Orange, qui n’ont prévu de transférer respectivement que 50 et 238 salariés directement à la vente effective, d'après nos informations dévoilées mardi. Mais pas Bouygues Telecom qui va reprendre plus de 2 400 collaborateurs. « C’est un gâchis monstrueux, une véritable mascarade. Free et Orange rachètent chacun des millions de clients, empochent des milliards de chiffre d’affaires, et ne reprennent quasiment aucun salarié de SFR », s’énerve Stéphane*, un salarié du côté réseau fixe et mobile.