Fitch maintient la France à A+ mais alerte sur une dette toujours élevée
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Fitch Ratings, l’agence américaine de notation parmi les trois grandes internationales.
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Fitch Ratings, l’agence américaine de notation parmi les trois grandes internationales.
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L’agence de notation Fitch a confirmé vendredi la note souveraine de la France à A+ avec perspective stable, estimant que l’économie française et ses institutions demeurent solides malgré une dette publique élevée et un environnement politique qui complique l’assainissement budgétaire.
Dans un communiqué, l’agence américaine souligne que la France bénéficie d’« une économie diversifiée avec un revenu par habitant et des indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays notés dans la catégorie A+ ». Ces fondamentaux contribuent à soutenir la crédibilité financière du pays sur les marchés.
Mais Fitch met également en avant plusieurs facteurs de fragilité. Selon l’agence, « un niveau de dette publique élevé et en hausse, un contexte sociopolitique qui complique l’assainissement budgétaire à moyen terme et un potentiel de croissance relativement faible pèsent sur la notation ».
La décision intervient six mois après l’abaissement de la note française à A+, en septembre dernier, lorsque Fitch avait sanctionné la dégradation des finances publiques et les difficultés politiques à mener des réformes budgétaires.
Pour le gouvernement, cette confirmation constitue néanmoins un signal positif. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a estimé que la décision de l’agence « s’inscrit dans le prolongement des efforts engagés par le gouvernement dans le cadre du budget 2026 pour maîtriser les finances publiques ». Il a assuré que « le gouvernement reste pleinement mobilisé pour poursuivre la réduction du déficit et de la dette ».
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L’agence prend acte du compromis politique trouvé autour du budget 2026. Début février, le Premier ministre Sébastien Lecornu est parvenu à faire adopter la loi de finances avec l’appui des socialistes, au prix de concessions importantes à la gauche. Ces arbitrages ont conduit à limiter l’effort budgétaire. Le déficit public est désormais attendu à 5 % du PIB en 2026, contre un objectif initial de 4,7 %. En 2025, il est estimé à 5,4 %.
Fitch anticipe pour sa part un déficit de 4,9 % du PIB en 2026, « proche de l’objectif gouvernemental de 5 % ». L’agence souligne toutefois que ce niveau resterait sensiblement supérieur à la médiane de 3,3 % observée pour les pays notés dans la catégorie A. Le gouvernement a notamment accepté de réduire l’effort structurel prévu dans les comptes publics. Celui-ci devrait finalement atteindre 0,5 point de PIB, contre 0,8 point envisagé initialement.
Au-delà de 2026, l’agence se montre prudente. « Les discussions sur le budget 2027 devraient être tout aussi difficiles », estime-t-elle, jugeant qu’« il existe peu de marge pour une consolidation budgétaire rapide avant l’élection présidentielle de 2027 ». La polarisation de la vie politique et les compromis nécessaires pour faire adopter les textes budgétaires constituent, selon Fitch, un frein à une trajectoire de réduction rapide de la dette.
Sur le plan macroéconomique, la France a toutefois enregistré une performance un peu plus favorable que prévu. La croissance a atteint 0,9 % en 2025, contre 0,7 % anticipé initialement par le gouvernement.
Fitch ne tient pas encore compte dans sa notation des éventuels effets économiques du conflit au Moyen-Orient. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment estimé que la guerre pourrait « entraîner un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance », tout en jugeant qu’« il n’y aurait pas de récession ».
La France pourrait par ailleurs être relativement protégée d’une flambée durable des prix de l’énergie grâce à son parc nucléaire, qui limite l’exposition aux hausses du pétrole et du gaz.
La décision de Fitch ouvre désormais une séquence d’évaluation par les deux autres grandes agences de notation. Moody’s doit rendre son verdict le 10 avril, puis Standard & Poor’s le 29 mai.
Moody’s maintient pour l’instant la France à Aa3, soit un cran au-dessus de la notation de Fitch et de S&P, mais avec perspective négative, ce qui laisse planer le risque d’une dégradation. Standard & Poor’s, de son côté, a également abaissé la note française à A+ l’automne dernier, avec une perspective stable.
Pour l’exécutif français, l’enjeu est désormais de convaincre les marchés et les agences de notation que la trajectoire budgétaire reste crédible dans un contexte politique fragmenté et à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
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