Alors que les surtaxes temporaires de 10 % instaurées en février touchent à leur fin, Washington déploie un nouveau cadre tarifaire durable ciblant une soixantaine d’économies. Entre motifs moraux sur le travail forcé et pressions bilatérales, l’administration américaine transforme la menace douanière en un levier permanent de sa politique étrangère.
À Washington, les surtaxes de 10 % sur la quasi-totalité des importations, instaurées le 20 février pour 150 jours, expirent ce vendredi 24 juillet 2026. Elles avaient été mises en place après l’invalidation de précédents droits de douane par la Maison-Blanche. Selon le représentant au Commerce, Jamieson Greer, de nouvelles taxes visant environ 60 économies seront annoncées « prochainement », à la suite d’enquêtes sur des pratiques commerciales jugées déloyales et sur le travail forcé.
Vers des droits de douane durables
Ce dispositif vise à remplacer durablement les taxes temporaires en combinant plusieurs bases juridiques : des enquêtes au titre de la section 301 de la loi de 1974, en complément de la section 122 du Trade Act. L’objectif affiché par le gouvernement américain est de sécuriser juridiquement une politique commerciale plus offensive.
Un rapport de l’USTR propose des droits additionnels contre 60 économies, fixés à 12,5 % pour 45 pays dépourvus d’une interdiction effective des importations issues du travail forcé (dont la Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil ou la Suisse). Un taux réduit à 10 % s’appliquera à six économies disposant d’une telle législation mais jugées insuffisantes dans son application (Canada, Équateur, Union européenne, Indonésie, Mexique, Pakistan), ainsi qu’au Royaume-Uni, à l’Argentine, au Cambodge et à Taïwan.
Dans un communiqué, Washington présente ces mesures prévues pour entrer en vigueur le lundi 27 juillet 2026 comme une réponse ciblée à la concurrence déloyale.