Superpuissance économique incontestée, la Chine est pourtant toujours classée comme pays émergent par des institutions internationales, dont le FMI et la Banque mondiale. La faute à l’indicateur de classification choisi, le PIB par habitant, qui présente des limites.
Deuxième puissance économique mondiale, première puissance économique asiatique et… économie émergente. La classification de la Chine par les grandes institutions internationales a de quoi surprendre. Pékin est « un rouleau compresseur qui s’accorde mal avec le concept de pays émergent, bien qu’[il] soit classé comme tel », estime François Faure, économiste chez BNP Paribas, dans une récente analyse.
Et pourtant… « La Chine presents encore des caractéristiques de pays émergents », reconnaît néanmoins l’expert. Ce, tant par les occasions offertes aux entreprises et aux investisseurs que par les risques, « quel que soit l’indicateur retenu ».
Pays émergent sans conteste
En premier lieu, ce qui justifie son intégration parmi les pays émergents : la Chine affiche un produit intérieur brut (PIB) par habitant près de 2,5 fois plus faible que celui des économies avancées. Il s’élève à 32,60 dollars contre 80,2 en moyenne pour le groupe réunissant les grandes puissances telles que les États-Unis, l’Allemagne, la France ou encore le Royaume-Uni, selon les données récoltées par BNP Paribas.
Cette marge de progression de développement plus importante de la Chine s’apprécie aussi au regard de sa classe moyenne. 47 % de la population chinoise en fait partie, contre 64,5 % dans les économies avancées. Pékin présente par ailleurs un potentiel de croissance de 3,3 %, soit près du double de celui des pays avancés (1,7 %).