Leadership féminin : le temps de la transmission

La cinquième édition de la Legend Ladies Night a réuni près de 170 participantes autour du thème "Transmission : entre loyauté et transformation".
@Lassilaa photography

La cinquième édition de la Legend Ladies Night a réuni près de 170 participantes autour du thème "Transmission : entre loyauté et transformation".
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Pendant près de deux décennies, les réseaux féminins se sont construits autour d’une même ambition : aider les femmes à prendre leur place. Lever les freins à l’accès aux responsabilités, développer le leadership, créer des réseaux d’entraide, favoriser le mentorat ou encore rendre visibles des parcours inspirants. Ces enjeux restent d’une brûlante actualité. En France, les femmes représentent aujourd’hui un quart des dirigeants d’entreprise, une proportion qui progresse mais témoigne du chemin qu’il reste à parcourir.
Toutefois, à mesure que davantage de femmes accèdent aux sphères de décision, une autre question semble émerger : que fait-on de cette place une fois qu’on l’occupe ? Comment faire en sorte que des réussites individuelles deviennent un héritage collectif ? Comment transmettre une expérience sans imposer un modèle ? Ce déplacement du regard s’observe aussi dans les entreprises. Les programmes de mentorat se développent, la transmission des compétences devient un enjeu de gestion des talents et les dirigeants sont de plus en plus attendus sur leur capacité à faire grandir les générations qui leur succéderont. La réussite ne se résumerait plus au parcours individuel, mais elle s’apprécierait aussi à l’aune de ce que l’on transmet.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, fin juin à Paris, la cinquième édition de la Legend Ladies Night, organisée par Laura Lesueur, fondatrice du réseau international The Circle et créatrice du podcast Legend Ladies. Réunissant près de 170 participantes, cette soirée avait choisi pour thème « Transmission : entre loyauté et transformation », invitant les participantes à s’interroger sur ce qu’elles décident de préserver, de transformer ou parfois d’interrompre dans les héritages qu’elles ont reçus.
Pour Laura Lesueur, ce choix répond à une évolution qu’elle observe au fil des rencontres organisées depuis plusieurs années. « La transmission est un vecteur concret de leadership. Elle suppose une responsabilité. Transmettre, ce n’est pas simplement laisser une empreinte derrière soi, c’est aussi donner aux autres la confiance et les outils pour devenir pleinement eux-mêmes. » Une manière de rappeler que le leadership ne se limite pas à ouvrir une voie, mais consiste aussi à permettre à d’autres de construire la leur.
Les interventions de la soirée sont venues illustrer cette réflexion sous des angles complémentaires. La violoniste Esther Abrami est revenue sur le violon transmis par sa grand-mère, les rencontres qui ont façonné sa vocation et son engagement pour faire redécouvrir des compositrices longtemps invisibilisées. Chez elle, transmettre consiste non seulement à faire vivre un patrimoine mais aussi à réparer les angles morts de l’histoire. À l’inverse, Roselyne Bachelot a livré une réflexion plus intime sur les héritages familiaux et sociaux. À travers son parcours politique comme son histoire personnelle, elle a évoqué la liberté de s’affranchir de certaines loyautés pour construire sa propre trajectoire, rappelant que transmettre ne signifie pas nécessairement reproduire.
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Au fond, cette cinquième édition de la Legend Ladies Night semble révéler une évolution des récits du leadership féminin. Sans remettre en cause les combats pour l’égalité, les échanges ne porteraient plus uniquement sur la conquête des responsabilités, mais aussi sur ce que l’on en fait une fois qu’elles sont conquises. Une réflexion qui dépasse largement les réseaux féminins et interroge, plus largement, la manière dont les dirigeants envisagent aujourd’hui leur rôle.