Les femmes entreprennent de plus en plus : elles représentaient l’année dernière un peu plus de 31 % des immatriculations.
HM/PKP/FW1/David Clarke - REUTERS - Hannah McKay
Près d’une création d’entreprise sur deux dans l’industrie est désormais portée par une femme
Selon le dernier baromètre d’Infogreffe, l’entrepreneuriat féminin a progressé de plus de 12 % sur un an. Les dirigeantes sont de plus en plus jeunes, engagées et présentes sur des structures juridiques complexes confirmant un ancrage durable dans l’économie.
Les informations à retenir
Ce qu’il faut retenir
Quel est le profil de l’entrepreneuriat féminin en 2025 ?
Une accélération historique : Les créations d’entreprises par des femmes bondissent de 12,7 % en un an, représentant désormais 31 % des immatriculations totales. Cette dynamique est particulièrement portée par les territoires ultramarins (plus de 40 % à Mayotte et en Martinique).
Des structures plus robustes : Le profil se rajeunit (40,1 ans en moyenne) et s’émancipe des microstructures. Les créatrices investissent massivement des formes juridiques complexes (SAS, SARL) et des secteurs techniques comme l’industrie manufacturière (49,3 % des créations).
Un leadership engagé : Les femmes s’imposent comme les piliers de l’économie de demain en dirigeant un tiers des nouvelles structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), avec une croissance de 22 % de leur présence dans ce secteur en seulement un an.
Qui sont ces femmes qui créent leurs entreprises en France ? À partir de données issues des greffes des tribunaux de commerce, Infogreffe dresse dans son dernier baromètre le profil type des entrepreneures de 2025. Les femmes entreprennent de plus en plus. Elles représentaient l’année dernière un peu plus de 31 % des immatriculations, soit une hausse de 12,7 % par rapport à 2024. « Une dynamique qui confirme que l’entrepreneuriat féminin s’inscrit durablement dans le paysage économique français », note le baromètre publié en amont de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.
Une dynamique qui touche tous les territoires. En France métropolitaine, les créations d’entreprises par les femmes ont été les plus nombreuses en Nouvelle-Aquitaine (33,8 %), suivie de la Corse et de la Bretagne (33,7 %). Mais c’est dans les territoires ultramarins que les entrepreneures remportent la palme : elles représentent plus de 42 % des créations à Mayotte, et plus de 40 % en Martinique.
Des structures juridiques de plus en plus robustes
L’âge moyen des entrepreneures baisse. Elles ont 40,1 ans en moyenne lorsqu’elles créent leur entreprise, contre 41 ans en 2024. Les femmes entreprennent sous diverses formes juridiques : entreprises individuelles (36 %), SCI (36,5 %), SAS (23,7 %) et SARL (27,7 %). « Ces données confirment une présence qui ne se limite plus aux structures les plus simples et traduisent une montée en puissance dans des montages juridiques plus structurés », souligne le baromètre.
Si des secteurs se démarquent, comme les services, la santé, l’action sociale ou l’administration publique, les créations progressent aussi dans des domaines plus mixtes : l’enseignement, le commerce, la réparation automobile ou les arts et spectacles. Dans l’industrie manufacturière, les entreprises de femmes représentent quasiment la moitié des créations (49,3 %).
« Les femmes se lancent davantage, plus tôt, et avec une ambition qui ne se limite plus à certains secteurs ou à certaines formes d’entreprise », commente Carole Gratzmuller, présidente nationale de FCE France (Femmes chefs d’entreprise).
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Par ailleurs, les femmes entrepreneures sont aussi concernées par les défaillances d’entreprises, avec un peu plus de 27 % de sociétés radiées. Mais « aucun signal ne met en évidence une vulnérabilité spécifique : l’entrepreneuriat féminin évolue dans les mêmes cycles que l’économie française dans son ensemble Gordy », précise le baromètre.
Une implication croissante dans l’économie sociale et solidaire
Autre particularité féminine : l’engagement. Elles dirigent quasiment un tiers des créations d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Elles sont désormais à la tête de 765 structures dans l’ESS, soit une augmentation de 22 % en un an.
Concernant les entreprises à mission, elles représentent plus de 32 % de ces sociétés. Leur présence s’inscrit ainsi « dans une dynamique plus large de structuration de l’entrepreneuriat féminin autour de projets intégrant des objectifs sociaux ou environnementaux », met en avant le baromètre.
« L’entrepreneuriat féminin n’est plus une exception ni une niche, mais une composante structurante de notre paysage économique », conclut Carole Gratzmuller.