La flambée des prix de l'essence en Europe a poussé les acheteurs de voitures vers les véhicules électriques en mars, un mois record, selon les données publiées ce mardi 14 avril par le cabinet de conseil Benchmark Mineral Intelligence.
La guerre au Moyen-Orient pousse les acheteurs de voitures vers l'électrique. La flambée des prix de l'essence a conduit en mars au premier mois de croissance des ventes mondiales de véhicules électriques cette année, selon les données publiées ce mardi 14 avril par le cabinet de conseil Benchmark Mineral Intelligence (BMI).
Les immatriculations, un indicateur des ventes, de voitures neuves électriques à batterie et hybrides rechargeables ont augmenté de 3 % en glissement annuel dans le monde pour atteindre plus de 1,7 million de voitures, avec une hausse de 37 % en Europe pour atteindre un record mensuel historique de près de 540 000 véhicules électriques vendus, selon BMI.
Bien que les immatriculations de voitures soient en retard par rapport aux ventes, « une bonne partie de ce retard peut être attribuée à la hausse des prix de l'essence », a déclaré Charles Lester, responsable des données chez BMI, après que la guerre en Iran a paralysé le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Xavier Chardon, directeur général de Citroën, a souligné ce mardi matin sur BFM Business qu'il constatait depuis le début de l'année que « la demande sur l'électrique accélère, notamment à partir de la guerre en Iran ». « Au mois d'avril sur les quinze premiers jours, on est à 40 % de commandes de clients particuliers sur l'électrique » chez Citroën, a-t-il ajouté.
L'affluence bondit en Asie du Sud-Est
La croissance a été la plus forte dans les pays qui ont connu les plus fortes hausses de prix de l'énergie, notamment l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam et la Thaïlande, qui ont entraîné ensemble une augmentation de 79 % des immatriculations de véhicules électriques en dehors des trois principaux marchés que sont la Chine, l'Europe et l'Amérique du Nord.
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Les concessionnaires de véhicules électriques voient notamment leur affluence bondir en Asie du Sud-Est. Le constructeur vietnamien Vinfast a enregistré une envolée de 127 % sur un an de ses ventes au Vietnam en mars, à quelque 27 600 voitures. Environ 40 % des voitures vendues au Vietnam en 2025 étaient électriques mais le boom s'accélère.
« Aujourd'hui, le coût du carburant est un critère déterminant (...) en mars, nous avons vendu entre 300 et 400 voitures, contre 200 à 250 par mois d'habitude », constate Pham Minh Hai, directeur adjoint des ventes d'une concession Vinfast. « Le mois dernier, plus de la moitié de mes clients passaient d'une voiture à essence à une électrique ».
BYD profite de la flambée du carburant
Hors Vietnam, la tendance profite aux constructeurs chinois spécialistes de l'électrique, en particulier BYD, grand rival de Tesla. Au salon de l'Auto de Bangkok, achevé début avril, BYD est le constructeur qui a engrangé le plus de commandes, dépassant pour la première fois le japonais Toyota. Aux Philippines aussi, BYD voit aussi ses ventes frémir.
Mae Anne Clarisse Bacquiano, responsable d'une concession dans la banlieue de Manille, se réjouit d'une « affluence bien supérieure ». « C'est entièrement dû à la flambée du carburant. La différence de dépenses est énorme », indique-t-elle. Alors que ses ventes reculent en Chine, sous pression d'une féroce concurrence locale, BYD mise sur cet élan à l'international.
Les exportations de voitures électriques chinoises, dont l'Asie du Sud-Est est un débouché majeur, ont doublé en mars sur un an, selon la fédération professionnelle CPCA. « Il y a la réaction individuelle des consommateurs face à la flambée soudaine des prix de l'essence et du diesel », explique à l'AFP Euan Graham, analyste du cabinet Ember.
« Je m'attends à ce que (la crise actuelle) accélère le déploiement en cours » de l'électrique dans la région, observe-t-il. Jakarta, soulignant « le niveau élevé » de consommation d'énergies fossiles, promettait d'ailleurs jeudi « des mesures plus concrètes pour accélérer le développement d'un écosystème national de véhicules électriques ».
Chute des immatriculations en Chine et en Amérique du Nord
Les immatriculations de véhicules électriques en Chine ont pour leur part chuté de 14 % pour atteindre plus de 850 000 véhicules, selon BMI, ralentissant une tendance négative amorcée en janvier après que le pays a supprimé les subventions pour les reprises de véhicules et que l’exonération fiscale sur les achats de véhicules électriques a expiré.
En Amérique du Nord, les immatriculations de véhicules électriques ont chuté de 30 % pour atteindre 121 500 véhicules, soit la sixième baisse consécutive d'une année sur l'autre après la fin d'un programme de crédit d'impôt pour les véhicules électriques aux États-Unis et les propositions de l'administration Trump pour réduire les normes d'émission de CO₂.