La Banque de France maintient sa prévision de croissance à 0,3 % au troisième trimestre. Mais le niveau d’incertitude des chefs d’entreprise affole les compteurs.Les turbulences continuent de faire trembler l’économie tricolore. Entre la démission du Premier ministre Lecornu, les négociations interminables entre le gouvernement et les parlementaires, l’absence de budget pour 2026 et les tensions internationales, les entreprises et les ménages sont plongés dans un vaste brouillard politico-économique. En dépit de ce contexte chahuté, la Banque de France table toujours sur une croissance du PIB à 0,3 % au troisième trimestre après 0,3 % au second trimestre.
Dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture dévoilée ce jeudi 9 octobre, l’institution n’a pas révisé son chiffre pour la période d’activité de juillet à septembre. Mais l’enquête réalisée auprès des chefs d’entreprise a été réalisée entre le 26 septembre et le 3 octobre dernier, soit quelques jours avant l’annonce fracassante de la démission du chef du gouvernement. Pour rappel, la Banque de France a révisé en septembre sa projection de croissance à 0,7 % contre 0,6 % auparavant. « En moyenne annuelle, le quatrième trimestre compte assez peu. Le 0,7 % de croissance est déjà presque acquis, sauf événement majeur », a expliqué à La Tribune Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France. Reste que cette croissance montre que l'économie tourne en sous régime. Si la croissance atteint 0,7% cette année, ce serait la seconde pire performance depuis 2012, à l'exception de la crise sanitaire.
Rebond de l’industrie et chute dans la construction
C’est l’industrie (+0,6 %) qui tire la croissance au troisième trimestre. Après un printemps fragile (+0,2 %), les moteurs du tissu productif retrouvent quelques couleurs. Mais la situation globale est cependant loin d’être favorable. Les carnets de commandes sont jugés « dégarnis » à l’exception de l’aéronautique. Beaucoup d’usines continuent de mettre la clé sous la porte et le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB ne cesse de s’effondrer pour atteindre un plus bas historique à 10 %. Autre secteur relativement dynamique, les services enregistrent une légère hausse (0,3 %) au troisième trimestre.