Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a présenté un renforcement du plan visant à protéger les détenteurs de cryptomonnaies, ciblés par des tentatives d'enlèvement contre rançon. Si le secteur salue des avancées, beaucoup pointent les failles qui mettent encore leur vie en danger. Selon nos informations, le sujet doit revenir bientôt à l'Assemblée nationale.Le phénomène des crypto-rapts ne faiblit pas en France, bien au contraire. Déjà, en 2026, 77 cas ont été relevés par le ministère de l’Intérieur, dépassant le nombre d’agressions liées aux cryptos sur toute l’année 2025 (45 cas). Une réalité avec laquelle les professionnels des cryptos tentent désormais de composer. Face aux extorsions, séquestrations et enlèvements liés aux cryptoactifs, l’État veut, lui, montrer qu’il a pris la mesure de cette accélération avec un véritable « plan d’action, plus ambitieux ».
« Nous arrivons à déjouer beaucoup de projets. 200 personnes ont été interpellées, dont beaucoup avant qu’elles passent à l’action », s’est félicité le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors d’une soirée organisée mardi 30 juin par l’Adan, l’association représentative des acteurs français de la crypto.
Les premières attaques visant des cryptos remontent à la fin des années 2010. Mais ce n’est qu’à partir de 2023 que la vague commence à faire la Une de l'actualité et à choquer l’opinion publique. Celle de David Balland, début 2025, actionnaire de Ledger, séquestré, ainsi que sa compagne, et mutilé à son domicile pour une rançon de 10 millions d’euros en cryptomonnaie, est l’affaire qui pousse, au printemps dernier, le gouvernement à mettre en place un premier plan d’action.
Parallèlement, les attaques se poursuivent. En mai, l’épouse d’un entrepreneur de la tech a échappé à une tentative d’enlèvement en Seine-et-Marne, déjouée grâce à l’intervention de voisins. À Mulhouse, un homme de 25 ans est séquestré onze heures, menacé de mutilation et contraint de transférer 14 000 euros en cryptomonnaies. Le 13 juin, un commando a mené une série d’attaques ciblant plusieurs domiciles à Marseille, à partir d’un fichier acheté sur le dark web, avant d’être arrêté en flagrant délit.