En déficit de notoriété, la métropole normande fait de l’œil aux Parisiens en jouant la carte du pouvoir d’achat. Objectif : ne plus passer sous les radars des actifs ou des entreprises en quête d’un point de chute pas trop éloigné de la capitale.Des visuels sur près de 600 écrans numériques dans le métro et dans les grandes gares parisiennes, des annonces sur Linkedin, dans les quotidiens nationaux et dans des magazines tels que la Harvard Business Review ou Courrier Cadres…Et 45 millions de vues espérées. Pour la seconde fois en l’espace de deux ans, la métropole rouennaise se fend d’une campagne de promotion dans le but avoué de combler son déficit de notoriété. Il s’agit, nous explique t-on, de « faciliter la venue de nouveaux talents, d’entreprises et d’investisseurs ».
Si la préfecture de la Normandie, qui revendique rayonner sur « un bassin de vie de 800.000 habitants » remet l’ouvrage sur le métier, c’est qu’elle doit encore jouer des coudes pour faire sa place dans le club des grandes Métropoles de la France de province qu’elle a pourtant intégré statutairement en 2014. Une bonne décennie plus tard, force est constater que sa cote d’amour reste en deça de celle d’agglomérations plus magnétiques de la moitié Nord comme Strasbourg ou Nantes avec laquelle elle partage un accès facile à la mer.
« Ce que je constate, c’est que nous sommes obligés d’appeler les investisseurs. Ils ne viennent pas à nous de manière spontanée comparativement à d’autres villes qui, elles, jouissent de ce que les experts du marketing territorial appellent une notoriété non assistée », admet sans langue de bois Jean-Yves Heyer, directeur de l’agence Rouen Normandy Invest (RNI), bras armé de l’exécutif métropolitain pour l’attractivité, et instigateur de ladite campagne.
« Un salarié coûte 25% de moins »
Pendant une petite année, la ville aux 100 clochers va donc à nouveau montrer ses muscles sur les réseaux nationaux et les murs de la capitale sous le titre « Ici, c’est Rouen » en jouant sur le triple registre du cadre de vie, de la proximité de Paris et du pouvoir d’achat (et au clin d'oeil avec le sloggan du club de foot, le PSG). Le tout incarné par des personnalités locales, sportive, comédien ou cheffe d’entreprise, qui ont accepté de prêter leur image.