La crainte d’être licenciées et de ne pas retrouver d’emploi s’empare des élites diplômées américaines, confrontées à un marché du travail incertain, fragilisé par Donald Trump et par l’essor de l’intelligence artificielle.Rien n’est jamais acquis. Longtemps protégés par leurs diplômes universitaires et leur expertise, les cadres supérieurs voient aujourd’hui leur sentiment de sécurité vaciller. L’essor de l’intelligence artificielle (IA), les vagues de licenciements et l’instabilité du marché du travail depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche viennent bousculer l’ordre établi. La réjouissance des promotions et des augmentations de salaire appartient désormais au passé, remplacée par une peur sourde : celle de perdre un emploi jadis considéré comme acquis.
Les derniers chiffres du département du Travail américain, publiés mardi 16 décembre, confirment le ralentissement du marché de l’emploi aux États-Unis, avec un chômage en hausse à 4,6 %. Et des secteurs traditionnellement favorables aux travailleurs diplômés, comme les services financiers, sont confrontés à une stagnation des embauches. Même les grands cabinets de conseil en stratégie, comme McKinsey, Bain ou le BCG, ont décidé de geler l’augmentation des salaires de leurs consultants depuis trois ans, dans l’attente d’y voir plus clair sur l’impact de l’IA sur leurs métiers. Un signe révélateur de l’ampleur du bouleversement du marché du travail outre-Atlantique, qui n’épargne personne.
Conserver son travail à tout prix
« Ne pas bouger semble être le choix le plus prudent. » Tel est le constat partagé par de nombreux cadres américains, comme le révèle un article du New York Times publié cette semaine. Une prudence qui trouve écho dans les chiffres alarmants d’un sondage mené par la Banque fédérale de réserve de New York, l’une des douze banques régionales de la Réserve fédérale américaine (Fed), et publié ce mois-ci.
Les Américains titulaires d’au moins une licence universitaire estiment désormais à 15 % la probabilité de perdre leur emploi dans l’année à venir, contre 11 % il y a trois ans. Plus frappant encore, ces travailleurs diplômés considèrent aujourd’hui que leur risque d'être licenciés dépasse celui des travailleurs moins qualifiés, ce que le New York Times qualifie de « revirement spectaculaire par rapport au passé ».