En France, près d’une personne sur dix dépend des aides sociales, mais la pauvreté touche surtout les moins de 30 ans, selon le dernier rapport de la Drees.La précarité s’enracine. Fin 2024, la France comptait 4,25 millions d’allocataires de minima sociaux, soit une hausse de 1,3 % en un an. Une progression qui confirme l’enracinement de la pauvreté, après une année 2023 où l’augmentation n’avait été que de 0,5 %. Au total, près de 6,9 millions de personnes, l’équivalent d’un Français sur dix, dépendent désormais de ces prestations, selon le panorama social publié jeudi 4 décembre par la Drees, le service statistique du ministère de la Santé.
Au total, les aides sociales ont représenté près de 32 milliards d’euros de dépenses pour l’État en 2023. Un coût réel pour les finances publiques, mais un soutien vital pour des milliers de citoyens. Sans ces aides, les 14,4 % de Français vivant sous le seuil de pauvreté en 2022 seraient rejoints par plusieurs millions d’autres faisant augmenter le taux à 21,3 %. C’est ce que révèle le panorama de la Drees qui offre une radiographie précieuse des mécanismes de redistribution de l’État et éclaire, chiffres à l’appui, le visage de la pauvreté dans le pays.
44 % des personnes pauvres ont moins de 30 ans
En 2023, la Drees estimait à 1 919 euros mensuels le seuil en dessous duquel vivent 40 % des Français, un ensemble regroupé dans la catégorie des personnes « modestes ». Celles-ci sont souvent jeunes et vivent davantage dans une famille monoparentale ou nombreuse.
Au sein de cette population « modeste », un tiers sont « pauvres » puisqu'ils relèvent de la « pauvreté monétaire, au sens statistique du terme », avec un niveau de vie inférieur à 1 288 euros mensuels. Et la situation est préoccupante puisqu’en 2024, près de 15,4 % des Français sont ainsi considérés comme étant pauvres.