Dans son rapport rendu le 2 décembre, la Cour des comptes souligne que l'évolution démographique n'occupe qu'une place très modeste dans la programmation budgétaire.
elombard - Cour des Comptes
Défi démographique : l’impréparation de l’État menace les finances publiques
La Cour des comptes évalue l’impact de la démographie sur les finances publiques et alerte sur la prise en compte insuffisante du vieillissement et des dépenses de santé dans les prévisions budgétaires.
La Cour des comptes publie, mardi 2 décembre, un rapport consacré à l’impact de la démographie sur les finances publiques. Deux tendances démographiques centrales – la baisse de la natalité et le vieillissement de la population – pèseront à l’avenir sur les équilibres budgétaires, mais demeurent encore les grands absents des prévisions budgétaires de l’État.
Selon la Cour des comptes, la France ne peut plus compter sur une natalité supérieure à la moyenne européenne ni sur une structure par âge plus équilibrée que celle de ses voisins. « Ces avantages s’érodent progressivement et ne pourront compenser indéfiniment l’ampleur des mutations » de notre modèle social, avertissent les sages de la rue Cambon.
À priori rien de nouveau, le vieillissement de la population devrait alourdir les dépenses de santé, tandis que la réduction de la population active – en recul de 5 % d’ici 2070 – devrait réduire les recettes issues du travail. Pourtant, malgré ces éléments bien identifiés, la Cour des comptes relève que l’impact démographique « n’est toujours pas intégré dans les prévisions budgétaires, ni à court ni à moyen terme ». Une lacune préoccupante, qui questionne la capacité de l’État à se préparer aux mutations à venir de notre modèle social.
La démographie grande absente du budget
La Cour souligne que certaines dépenses liées à la démographie sont d’ores et déjà parfaitement prévisibles et devraient figurer dans le budget. Selon l’institution, l’évolution démographique – marquée par le vieillissement et la baisse de la natalité – n’occupe « qu’une très modeste place dans la programmation budgétaire pluriannuelle, contrairement à ce qui serait attendu ».
Une lacune d’autant plus préoccupante qu’elle contraste avec l’ampleur des défis à venir, notamment l’augmentation des dépenses de retraite et de santé. La Cour précise déjà que « les dépenses sensibles au vieillissement représentent plus de 40 % des dépenses publiques en 2023 et ont progressé de 11 points entre 1998 et 2023 ».
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