Congé de naissance : coup d'envoi le 1er juin, les entreprises redoutent un effet de « stock »
latribune.fr
Le dispositif, qui s'appliquera à partir du 1er juillet, ouvre droit à un congé supplémentaire de un à deux mois pour les parents d'enfants nés à compter du 1er janvier.
fgj - dpa Picture-Alliance via AFP - MARIJAN MURAT
Alors que le nouveau congé de naissance entrera en vigueur cet été, les entreprises s’inquiètent d’un possible effet de rattrapage lié à son application rétroactive et à la concentration des absences dans les prochains mois.
Les employeurs ont désormais une date clé à intégrer dans leur calendrier social : le 1er juin. D’ici cette date, tous les salariés parents souhaitant bénéficier du nouveau congé de naissance devront avoir informé leur entreprise, a rappelé mercredi la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist.
Le dispositif, qui s’appliquera à partir du 1er juillet, ouvre droit à un congé supplémentaire de un à deux mois pour les parents d’enfants nés à compter du 1er janvier. « « Tous les parents d’enfants nés à partir du 1er janvier pourront, dès le 1er juillet, prendre leur congé supplémentaire de naissance » », a indiqué la ministre à l’Assemblée nationale.
Effet rétroactif
Pour les directions des ressources humaines, la principale difficulté tient à l’effet rétroactif du dispositif. Les parents d’enfants nés entre le 1er janvier et le 1er juillet pourront en effet activer ce congé jusqu’en avril 2027, ce qui ouvre une fenêtre large mais potentiellement difficile à anticiper en matière de gestion des effectifs.
Le gouvernement reconnaît lui-même les interrogations du monde économique. « « Certains employeurs sont inquiets puisqu’il peut y avoir un effet cumulatif de tous les parents d’enfants nés depuis le 1er janvier » », a relevé Stéphanie Rist lors des questions au gouvernement.
Dans les faits, les entreprises devront absorber un dispositif hybride : une durée indemnisée à 70 % du salaire net pour le premier mois, puis à 60 % pour le second, avec la possibilité de fractionner le congé en deux périodes d’un mois. Chaque parent pourra également le prendre simultanément ou en alternance, complexifiant encore la planification des remplacements.
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Les PME en première ligne
Pour les grandes entreprises, déjà habituées aux dispositifs de congés parentaux, l’enjeu sera surtout organisationnel : continuité d’activité, anticipation des pics d’absences et ajustement des équipes. Mais les directions RH redoutent surtout les effets concentrés dans certaines périodes, notamment au lancement du dispositif, lorsque les salariés concernés pourraient déclencher leur droit en masse.
Les PME apparaissent en première ligne. Moins dotées en effectifs de réserve, elles pourraient être davantage exposées aux tensions de planning, en particulier dans les secteurs de services où l’absence d’un salarié se répercute immédiatement sur l’activité.
Annoncé en janvier 2024 par Emmanuel Macron dans le cadre d’un objectif de « réarmement démographique », le congé de naissance est présenté par l’exécutif comme un levier de soutien à la natalité, en baisse en France depuis plusieurs années. Pour les entreprises, il s’ajoute toutefois à un ensemble déjà dense de dispositifs d’absence, dans un contexte où la flexibilité des organisations devient un enjeu central de compétitivité.