DÉCRYPTAGE. Lors d’une visite à Paris cette semaine, le secrétaire américain à l’Énergie a lancé un ultimatum à l’AIE : abandonner ses travaux sur la neutralité carbone ou voir les États-Unis se retirer de l’organisation.
Après des mois de pression et de critiques publiques, l’ultimatum tombe. En visite à Paris cette semaine, Chris Wright, le secrétaire américain à l’Énergie, a sommé l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de cesser ses travaux sur les objectifs de réduction des émissions.
À défaut, Washington quitterait tout bonnement l’organisation, ce qui amputerait son budget de 14 % environ. Soit selon le Sénat américain, la perte s’élèverait à 6 millions de dollars par an, sur un budget global de 30 à 35 millions de dollars.
« Les États-Unis utiliseront toute la pression »
« Les États-Unis utiliseront toute la pression dont nous disposons pour amener l’AIE à s’éloigner » de ces travaux « d’ici un an environ », a martelé Chris Wright en conférence de presse, au siège de l’AIE. Pour le ministre américain, la neutralité carbone est une « illusion destructrice ».
Le haut représentant a rappelé que l’agence, fondée en 1974 dans le giron de l’OCDE, n’a qu’une seule mission : « l’honnêteté énergétique », « l’accès à l’énergie » et « la sécurité énergétique ». Cette position radicale n’est pas surprenante de la part de l’administration Trump, ouvertement climatosceptique et pro énergies fossiles. La suppression, en 2025, des subventions destinées aux entreprises d’énergies renouvelables ou de mobilité verte aux États-Unis en est la preuve. Le fleuron automobile Tesla en a d’ailleurs pâti.
Le président de l’AIE dans le viseur
Dans le détail, le président américain considère que l’AIE, sous l’impulsion de son directeur exécutif Fatih Birol, a dévié de sa mission en publiant ces scénarios de neutralité carbone. Ils prévoient un pic de consommation du pétrole, du gaz et du charbon avant ou vers 2030.
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