La Métropole de Lyon rappelle pour sa part enregistrer une multiplication par trois des demandes de subventions liées à la rénovation des copropriétés.
Dans un climat déjà difficile pour le secteur, le syndicat des professionnels de l'immobilier (UNIS) sonne l'alarme : le délai d'instruction des projets de rénovation s'allonge fortement à Lyon. De son côté, la Métropole met en exergue une explosion des demandes émanant des copropriétés ainsi que des incertitudes pesant sur les aides de l'Anah.
On savait déjà les tensions vives entre les professionnels de l'immobilier et la Métropole de Lyon concernant l'encadrement des loyers. C'est désormais sur un autre dossier que la discorde se fait entendre : le programme de subvention de rénovation métropolitain, EcoRenov, mis en place en 2015 et renforcé en 2020 par le nouvel exécutif. Dispositif qui aura déjà permis de subventionner 35.000 rénovations et dont le budget s'élève à 41 millions d'euros pour la période 2020-2025, rappelle Renaud Payre, vice-président du Grand Lyon en charge du logement.
Le 2 décembre dernier, le syndicat des professionnels de l'immobilier (Unis) alertait sur un allongement important des délai d'instruction des dossiers rénovation des copropriétés par les services métropolitains, permettant de confirmer l'éligibilité des travaux à une subvention.
Ce délai d'analyse serait ainsi passé de huit à dix mois à près de dix-huit mois aujourd'hui, retardant ainsi le lancement des travaux, explique Patrick Lozano, président de l'Unis Lyon Rhône.
« Nos clients (copropriétaires) ne comprennent pas pourquoi ils ont voté des travaux et ceux-ci ne démarrent pas », renchérit Laurent Pénicaud, représentant de l'Untec, organisation patronale des économistes de la construction. Ainsi, 62 chantiers, qui auraient dû démarrer à l'automne selon l'Unis, seraient gelés, dans l'attente de l'analyse des dossiers.
Un manque à gagner pour les professionnels et les locataires
Ces opérations concerneraient ainsi 3.000 logements, pour une enveloppe de travaux estimée à 75 millions d'euros, elle-même bloquée. Première conséquence : 30 à 40% du chiffre d'affaires des adhérents de la Fédération française du bâtiment serait gelé depuis mars, alors même que les ordres de travaux ont été signés. Résultat, une centaine d'embauches prévues n'ont pas été réalisées, explique un représentant de la FFB du Rhône.
Cet allongement entre le vote et le lancement des travaux constituerait aussi une perte sèche pour les propriétaires et les locataires, qui recherchent actuellement à réaliser des économies à travers ces rénovations. Sans oublier le risque de voir le montant global des travaux augmenter. « Avant, nous bloquions les prix sur deux ans, en prenant en compte les délais d'instruction, mais désormais, cela monte à trois ans. Certains artisans hésitent à dénoncer des contrats car les prix ont évolué. Ce qui risque de conduire à l'annulation de certains travaux ou à une hausse des coûts globaux », poursuit le représentant de la Fédération française du bâtiment.
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