La FFB vient de revoir à la hausse ses prévisions pour 2026… sous réserve de l'impact des conflits au Moyen-Orient. D'autant que les industriels des produits de construction (AIMCC) observent déjà un impact sur les prix des matériaux, lié au transport.Sur le papier, tout va mieux pour le secteur du bâtiment. Les professionnels viennent en effet de revoir à la hausse, ce mardi, leurs prévisions pour 2026. Entre l'abaissement de la réduction du loyer de solidarité (RLS) dans le monde HLM et le dispositif d'investissement locatif Jeanbrun - du nom du ministre du Logement -, la production en logement neuf devrait croître de 11,2 % contre 9,5 % initialement prévus. L'activité dans l'ensemble progresserait de 2,1 %.
Vive progression des cours de l'aluminium
Et ce, sous réserve de l'impact des conflits au Moyen-Orient. La Fédération française du bâtiment (FFB) affirme aussi que parmi les matériaux, avant même le déclenchement de la guerre, « les demi-produits en cuivre ou alliage connaissent une nouvelle envolée de leurs prix en sortie d'usine, avec + 38,5 % depuis août 2025 ».
Il en est de même pour l'aluminium, avec « une vive progression des cours », alors que plus de 8 % de sa production mondiale provient des pays du Golfe persique et que les stocks s'avèrent très limités, dit encore la FFB. Elle signale aussi des hausses de plus de 10 % des produits bitumineux, notamment utilisés pour l'étanchéité.
« Notre secteur du bâtiment commence à être impacté au niveau des prix. Le meilleur moyen [d'y faire face] est d'indexer nos marchés, comme en 2023 avec l'indexation obligatoire dans les marchés publics. Nous le conseillons à nos adhérents, même sur les chantiers privés », martèle Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment, qui rendra son tablier vendredi prochain.
Impact du transport sur les industriels déjà là
Ce dernier éprouve d'ailleurs un regret : l'« outil objectif et indépendant destiné à éclairer les acteurs de la filière sur la décomposition des coûts de production de ces matériaux » promis en janvier 2023 par l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire n'a jamais vu le jour, retoqué par l'Autorité de la concurrence. « Malheureusement, des entités n'étaient pas forcément d'accord », se souvient le président de la FFB.