Bruno Le Maire au ministère des Armées, le retour d’un vétéran
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Bruno Le Maire signe un retour inattendu au sein du gouvernement.
REUTERS - Stephanie Lecocq
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Bruno Le Maire signe un retour inattendu au sein du gouvernement.
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Après sept années à la tête de Bercy, un record sous la Ve République, Bruno Le Maire signe un retour inattendu au sein du gouvernement. Nommé en ministre des Armées et des Anciens combattants, il succède à Sébastien Lecornu, désormais Premier ministre. À 56 ans, ce normalien et énarque hérite d'un portefeuille stratégique dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques depuis l'invasion russe de l'Ukraine.
Celui qui affirmait encore il y a un an vouloir « tourner la page politique » reprend du service dans un contexte de tensions budgétaires, diplomatiques et militaires accrues. « Dans les circonstances exceptionnelles que traverse la France, on ne se dérobe pas », a-t-il déclaré sur X, rappelant qu’il vient « pour servir les Français » et « nos soldats ».
Ce come-back marque une nouvelle étape dans le parcours d’un homme qui aura profondément marqué la politique économique française. De 2017 à 2024, Bruno Le Maire a dirigé le ministère de l’Économie et des Finances, pilotant Bercy au fil des crises : pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, flambée énergétique et inflation mondiale.
Il fut surtout l’artisan de la politique de l’offre voulue par Emmanuel Macron, combinant baisse des impôts de production, soutien massif à la réindustrialisation et attractivité pour les investisseurs étrangers. Sous son autorité, le « quoi qu’il en coûte » a certes protégé l’économie, mais au prix d’un endettement record et d’un déficit public durablement dégradé.
Lorsque Bruno Le Maire quitte Bercy en septembre 2024, son bilan économique divise. Les économistes saluent la résilience du tissu industriel et la transformation de la fiscalité des entreprises, mais pointent un manque de maîtrise budgétaire. La France, avec un déficit de 5,5 % du PIB en 2023 et de 6,1 % en 2024, devient un mauvais élève européen. Auditionné devant la commission des Finances du Sénat, l’ancien ministre rejette toute « dissimulation » ou « faute », attribuant la dérive aux aléas conjoncturels et à des « erreurs d’évaluation des recettes fiscales ».
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Son retour aux Armées, un ministère hautement stratégique et symbolique, consacre une évolution vers le régalien. Bruno Le Maire retrouve un poste au cœur du « domaine réservé » du chef de l’État. « Je viens pour servir », a résumé celui qui fut tour à tour romancier, ministre, et professeur d’économie à Lausanne depuis son départ de Bercy. Il était également devenu depuis quelques mois conseiller stratégique du géant technologique néerlandais ASML.
Sous réserve de l'adoption du projet de budget 2026, Bruno Le Maire devra s'atteler à l'actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) pour accélérer le réarmement du pays face à la détérioration de la sécurité en Europe sous la menace russe. Le style du nouveau locataire de l'Hôtel de Brienne, amateur d'envolées lyriques et de citations littéraires, tranche avec la réserve de son prédécesseur, Sébastien Lecornu. Les deux hommes se connaissent bien : ce dernier a notamment été son conseiller en 2008 au ministère des Affaires européennes, puis lors de la primaire perdue de 2016.
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