Cette restructuration, qui doit être finalisée d'ici la fin de l'année, permettra au groupe coté en Suisse de dégager quelque 16 millions d'euros d'économies.
ZEUS - ZUMA Press Wire via Reuters Conn - Represented by ZUMA Press, Inc. - Dave Rushen
L'agence de voyages en ligne va supprimer un quart de ses effectifs afin d'accélérer l'intégration de l'intelligence artificielle dans ses activités, illustrant l'impact croissant de cette technologie sur l'emploi dans les services.
L’intelligence artificielle franchit une nouvelle étape dans sa transformation du monde du travail. L’agence de voyages en ligne lastminute.com a annoncé mercredi la suppression d’environ un quart de ses effectifs dans le cadre d’un vaste plan de réorganisation destiné à accélérer l’intégration de l’IA dans ses activités.
Cette restructuration, qui doit être finalisée d’ici la fin de l’année, permettra au groupe coté en Suisse de dégager quelque 16 millions d’euros d’économies annuelles à partir de 2027. Une décision qui illustre la manière dont les entreprises cherchent désormais à convertir les gains de productivité promis par l’intelligence artificielle en économies concrètes.
Pour Alessandro Petazzi, directeur général de l’entreprise, la mutation est déjà en cours dans l’ensemble du secteur du tourisme. « L’adoption de l’IA dans le secteur du voyage a été rapide et ne fera que s’accélérer : l’IA modifie la manière dont les clients effectuent leurs recherches, réservent et sont servis, ainsi que la façon dont les entreprises qui les soutiennent sont organisées », affirme-t-il.
La vague qui vient
Le groupe entend réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA pour ses clients, ainsi que dans l’amélioration de ses infrastructures de données. L’objectif est de renforcer l’automatisation de certaines tâches, tout en adaptant son organisation à l’évolution des usages numériques.
Le cas de lastminute.com s’inscrit dans une tendance plus large observée dans les services. Les entreprises multiplient les investissements dans l’intelligence artificielle générative afin d’améliorer la relation client, d’automatiser les processus administratifs ou encore de réduire les coûts opérationnels. Si les gains de productivité potentiels sont largement mis en avant, les conséquences sur l’emploi deviennent de plus en plus visibles.
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Le débat dépasse désormais le seul cadre des entreprises. Aux États-Unis, la Californie est devenue le premier État à engager le mois dernier une réflexion officielle sur les conséquences de l’IA pour le marché du travail. Le gouverneur Gavin Newsom a demandé à ses administrations de préparer, dans un délai de six mois, des propositions sur un large éventail de sujets allant de l’assurance chômage à la formation professionnelle, en passant par l’actionnariat salarié ou encore le « capital universel de base ».
Cette initiative intervient alors que les inquiétudes se multiplient dans le secteur technologique. Selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas, plus de 52.000 emplois ont été supprimés dans la tech américaine au premier trimestre, soit une hausse de 40 % sur un an. Les grands groupes du numérique eux-mêmes alimentent le débat. Le cofondateur d’Anthropic, Dario Amodei, estime que près de la moitié des emplois de cols blancs pourraient disparaître dans les cinq prochaines années sous l’effet de l’automatisation, tandis que Sam Altman et Elon Musk jugent qu’un revenu universel pourrait à terme devenir nécessaire.