Après une après-midi et une nuit de débats intenses autour du volet dépenses du budget de la Sécurité sociale, les députés ont finalement transmis la copie au Sénat sans examiner l'ensemble des amendements déposés. Ils ont néanmoins eu le temps de voter la suspension de la réforme des retraites en fin d'après-midi, une mesure qui alourdira le déficit de la Sécurité sociale de 300 millions d'euros en 2026 et de 1,9 milliard d'euros en 2027. Ils ont également rejeté le gel des prestations sociales et pensions de retraites, privant la Sécurité sociale de 2,5 milliards d'euros supplémentaires. Malgré l'absence de vote sur le volet dépenses, les articles votés en séance ce mercredi seront bien transmis au Sénat dans leur version modifiée par l'Assemblée.
Après son passage à l'Assemblée, le déficit de la Sécu atteindra 24,3 milliards d'euros environ, nous confirme le rapporteur général de la commission des Affaires sociales, Thibault Bazin. Dans le détail, les députés ont réduit de 4,8 milliards d'euros les recettes attendues et augmenté de 3,8 milliards d'euros les dépenses, soit 8,6 milliards d'euros supplémentaires, auxquels il faut enlever 1,8 milliard d'euros de transfert financier de l'État vers la Sécu. Au total, le déficit de la Sécurité sociale se trouve donc lesté de 6,8 milliards d'euros après son examen à l'Assemblée.
Pour rappel, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) devait ramener les déficits sociaux à 17,5 milliards l'an prochain, contre 23 milliards d'euros attendus si rien n'était fait. Les comptes de la Sécurité sociale se creuseront donc davantage l'année prochaine que si aucun budget n'avait été voté. Au début du mois déjà, la Cour des comptes alertait sur la nécessité « d'une trajectoire crédible de retour rapide des comptes sociaux vers l’équilibre » sans quoi la structure de financement de la Sécurité sociale, mise en place il y a 80 ans, devra être revue.