La guerre au Moyen-Orient pourrait gonfler le déficit de la sécurité sociale de 8 milliards d’euros en 2026 et 2027, d’après la Cour des comptes. Un coup dur pour Sébastien Lecornu en quête de nouvelles recettes pour la protection sociale.Les effets de la guerre au Moyen-Orient se propagent dans toute l’économie. Trois mois jour pour jour après l’entrée en guerre des États-Unis et d’Israël en Iran, les comptes sociaux de la France virent au rouge. Dans son rapport annuel sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale dévoilé ce mercredi 27 mai, la Cour des comptes s’inquiète d’une nouvelle aggravation du déficit.
8 milliards de déficit en plus en 2026 et 2027
La guerre pourrait ainsi plomber la balance des comptes publics de 8 milliards d’euros de plus en 2026 (+3 milliards) et 2027 (+5 milliards d’euros). Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu prévoyait de redresser le déficit de la sécurité sociale à 19,4 milliards d’euros en 2026, contre 21,6 milliards d’euros en 2025.
Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2012, en dehors de la période Covid. « Les mesures votées en LFSS 2026 (loi de financement de la sécurité sociale) permettent de le réduire de façon limitée, mais elles comportent peu d’économies, incluent des mesures nouvelles non financées et comportent des risques d’exécution », soulignent les auteurs.
Moins de croissance, moins d’emplois et plus d’inflation
Le coup de frein de la croissance économique au premier et second trimestres a des répercussions importantes sur l’emploi et le chômage. Pour mémoire, le budget de la sécurité sociale prévoyait une croissance du PIB de 1 % en 2026. En avril, le gouvernement avait très légèrement révisé à la baisse son hypothèse de croissance à 0,9 %. Compte tenu de l’enlisement du conflit et de l’absence de solution de paix à court terme, plusieurs économistes évoquent désormais une possibilité de récession en France après un premier trimestre à zéro.