Les députés ont rejeté vendredi en commission le projet de budget de la sécurité sociale, malgré la suppression de mesures clivantes, et l'adoption de l'article suspendant la réforme des retraites. Un premier vote en forme de message au gouvernement, avant le débat dans l'hémicycle, prévu mardi.
Le gouvernement est prévenu : faire adopter le budget de la Sécurité sociale dans le cadre du projet de loi de finances 2026, sera ardu. Après avoir rejeté la partie recettes, les députés ont donc rejeté vendredi les dépenses, retoquant l'ensemble du projet de loi lors de son examen en commission. Et ce, malgré la suppression de mesures clivantes et l'adoption de l'article suspendant la réforme des retraites. Des concessions visiblement insuffisantes, qui font office d'avertissement au gouvernement, avant le débat du texte prévu mardi dans l'Hémicycle.
« Continuer la discussion » sur les retraites
Très controversé, le projet de budget prévoit des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards d'euros en 2026 (23 milliards en 2025). Et le gouvernement a mis sur la table des mesures abrasives : gel des prestations sociales, doublement par décret des franchises médicales, ou encore une surtaxe sur les complémentaires santé.
Le texte contient pourtant l'une des clés de la non censure du gouvernement Lecornu 2 : la suspension de la réforme des retraites. Les députés l'ont approuvée en commission vendredi malgré des divisions dans les camps des partisans et opposants à la réforme de 2023, qui porte progressivement l'âge légal de départ à 64 ans. Le RN et le PS ont voté pour. « Ce n'est qu'un petit report » mais utile à « la France qui travaille », a expliqué Thomas Ménagé (RN).
Le vote favorable permet de « continuer la discussion » avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, a estimé Jérôme Guedj (PS), saluant des « interlocuteurs qui tiennent leur parole », en référence à l'abstention des députés Renaissance en commission, plutôt qu'un vote contre. Le PS a d'ailleurs voté pour le budget in fine.
Carrières longues en suspens
Reste que le camp gouvernemental est divisé: LR et Horizons prônent le maintien de la réforme, invoquant la situation des comptes et le vieillissement de la population. « Notre système de répartition s'est construit avec plus de quatre cotisants pour un retraité, alors que nous sommes aujourd'hui sous 1,8 », a martelé Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons).
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