Finances locales : les petites villes rognent sur leurs réserves pour investir

Parc naturel régional du Luberon avec vue sur le village de Gordes et ses vignes.
NORBERT SCANELLA/ONLYFRANCE

Parc naturel régional du Luberon avec vue sur le village de Gordes et ses vignes.
NORBERT SCANELLA/ONLYFRANCE
Les communes dépensent en moyenne 1 699 euros par habitant, en hausse de 2,8% sur un an.
L’investissement progresse fortement (+8,2%), entre 240 et 577 euros par habitant.
Près de 3,5 milliards d’euros sont mobilisés pour la solidarité via les CCAS.
Les communes ont prélevé près d’un milliard d’euros sur leurs réserves pour financer leurs projets.
La trésorerie reste limitée à 82 jours en moyenne, signe d’une érosion des marges financières.
Covid-19, guerre en Ukraine et crise énergétique, ou encore dégel du point d’indice des fonctionnaires décidé par l’État... Le mandat 2020-2026 des maires s’est déroulé sous de fortes tensions économiques et s'est terminé en plein conflit iranien.
L’Association des petites villes de France (APVF) et La Banque postale ont analysé les finances 2025 de 4 160 communes de 2 500 à 25 000 habitants. Il en ressort qu’elles dépensent toujours plus par habitant (1 699 euros en moyenne). Ce montant est en hausse de 2,8 % par rapport à 2024.
Dans le détail, ces mairies restent un pilier de l’investissement local. Elles dépensent entre 240 et 577 euros par habitant (+8,2 % sur un an). Ce dynamisme s'observe traditionnellement à l'approche du scrutin local. Au programme : adaptation au vieillissement, aménagement des centres-villes, équipements publics, transition écologique et rénovation énergétique.
Outre l’adaptation au vieillissement, ces communes demeurent des actrices majeures de la solidarité. En effet, 70 % d'entre elles ont conservé un centre communal d’action sociale (CCAS) et mobilisé près de 3,5 milliards d’euros. Ces municipalités accueillent en effet davantage de seniors que le reste du pays.
Cette situation engendre toutefois des tensions sur les finances locales. Quel que soit le nombre d’habitants, il reste, en moyenne, 82 jours de trésorerie. Ce niveau est maintenu malgré les dotations de l’État, des régions, des départements et de l’Union européenne. Les élus ont toutefois prélevé près d’un milliard d’euros sur leur fonds de roulement pour financer leur politique.
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C’est le résultat conjoint de l’inflation et de la remontée des taux d’intérêt. D’autres indicateurs en témoignent : l’épargne nette passe de 27 à 31 % du financement. Parallèlement, la part des nouveaux emprunts recule de 26 à 22 %. Autrement dit, ces communes ne sont pas en difficulté actuellement, mais elles consomment progressivement leurs marges de sécurité.
« Si les recettes fiscales continuent de progresser, les marges de manœuvre se réduisent progressivement sous l’effet de la hausse des charges structurelles et d’une dynamique des concours financiers moins favorable. Dans le même temps, la baisse de la trésorerie traduit la mobilisation croissante des réserves pour financer les investissements », conclut l’étude.
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