Selon une étude Ifop, près de la moitié des retraités adhèrent à l’idée que le niveau de vie des actifs doit être supérieur au leur.
Six ans après la pandémie de Covid, les Français ne comptent plus sur le « quoi qu’il en coûte ». C’est en tout cas l’une des leçons d’un sondage Ifop pour Les Actifs anonymes – une association d’obédience libérale qui doit en présenter les conclusions lors de la Nuit de la liberté organisée lundi 13 avril au soir à Paris – que La Tribune Dimanche dévoile en exclusivité. Selon cette enquête, 81 % des Français se disent désormais inquiets du niveau de la dette publique. Et ils sont même 87 % à s’en préoccuper « pour les générations futures ».
« Cela confirme qu’il y a une prise de conscience massive, constate Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. C’est une sorte de victoire posthume pour François Bayrou dont le discours sur les 5.000 euros de dette par seconde fait partie des éléments qui ont infusé dans l’opinion. » Le constat dépasse les clivages politiques. L’idée d’inscrire dans la Constitution l’interdiction des budgets en déficit est approuvée par 87 % des sympathisants LR… mais aussi par une majorité d’électeurs socialistes [66 %], écologistes [62 %] et même Insoumis [67 %]. « Quand Nicolas Sarkozy proposait sa règle d’or, le clivage gauche-droite était plus net, dit encore le sondeur. Il y a une homogénéisation des points de vue. »
Quant aux solutions, une moitié des Français ne croient pas qu’il soit possible de réduire la dette sans toucher au montant des pensions de retraite. Soit davantage que pour les autres pistes d’économies suggérées – sur les dépenses de santé et les salaires des fonctionnaires. Les principaux concernés approuvent : 52 % des retraités et 53 % des 65 ans et plus. De quoi laisser penser que les seniors eux-mêmes « font du chemin », selon Frédéric Dabi, et « sont prêts à bouger à l’aube d’une présidentielle où les Français attendent un vrai reset. »
En 2022 déjà, le débat autour des retraites avait animé la campagne. Cette fois, la donne a changé car une large partie des retraités admet que ses revenus puissent être revus à la baisse. Plus de six personnes sur dix adhérent aussi à l’idée selon laquelle le niveau de vie des actifs doit être supérieur à celui des retraités. Et là encore, 49 % des retraités et 50 % des plus de 65 ans acquiescent. Trois quarts des Français se disent enfin favorables à la fin des régimes spéciaux et 66 % au plafonnement des pensions des fonctionnaires.
En toile de fond se trouve aussi l’idée largement partagée selon laquelle les actifs gagnent moins bien leur vie que les retraités. Plus de neuf Français sur dix considèrent ainsi que le travail ne paie pas suffisamment. Les moins de 35 ans sont plus nombreux que les autres à le récuser [13 %, contre 9 % en moyenne] mais restent très minoritaires. « On dit que la présidentielle se gagne grâce aux retraités mais ce n’est pas toujours vrai, note Frédéric Dabi. En revanche, jamais un candidat n’a gagné sans le vote des actifs. »
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À exactement un an du scrutin présidentiel, faut-il penser qu’une prime aux candidats qui promettront la réduction des dépenses publiques s’exprimera ? Plus de 80 % des Français affirment déjà ne pas faire confiance aux prétendants à l’élection de 2027 pour améliorer leur pouvoir d’achat. La même proportion considère que les responsables politiques actuels ne leur disent pas la vérité quant à la situation des finances publiques. « La droite plaidera l’orthodoxie économique pour faire revenir ses électeurs tentés de voter pour le RN, prédit de son côté Frédéric Dabi. Il est probable que plusieurs offres électorales insistent là-dessus. »