OPINION. Fiscalité, retraites, apprentissage : « Les 117 plus grandes entreprises françaises appellent à un sursaut », par Patricia Barbizet, présidente de l’Afep
EXCLUSIF. La présidente de l'Association française des entreprises privées (Afep) ainsi que ses membres les plus importants appellent à un soutien des décideurs publics afin de pouvoir lutter équitablement face aux concurrents internationaux.
Décrocher ou se redresser :la France doit choisir maintenant. Fortes de plus de 2 millions de salariés dans notre pays, auxquels s’ajoutent 3 millions d’emplois induits, les 117 plus grandes entreprises françaises rassemblées au sein de l’Afep sont présentes sur tous les territoires. Grâce à l’engagement des femmes et des hommes qui sont leur première richesse, elles contribuent pour 14 % à celle de la nation, dont elles acquittent 20 % des prélèvements obligatoires des entreprises.
Ces entreprises industrielles et de services sont une force d’entraînement majeure pour accomplir les grandes transformations du siècle – environnementale, énergétique, numérique, sociale – alors que la France y joue maintenant sa place.
La période de tensions géopolitiques et d’affrontements commerciaux, technologiques et sécuritaires que nous traversons est pour la France et l’Europe, pour la France en Europe, un défi historique d’investissement, de compétitivité et de créativité.
Notre pays dispose de nombreux atouts parmi lesquels ses grandes entreprises, dont quatre sur dix sont familiales et qui, ensemble, représentent la moitié des exportations et de la recherche privée de la France. Cette force motrice est essentielle pour tenir notre rang dans la compétition mondiale et garantir la prospérité collective.
Encore faut-il que les orientations politiques soient favorables à la production et à l’innovation, à l’activité et à l’attractivité, et non qu’elles les entravent et, pire encore, les blâment. Tel n’est pas le cas : depuis deux ans, des décisions idéologiques plutôt qu’économiques, fondées sur l’incapacité à réduire le rythme et le volume des dépenses publiques, contredisent dangereusement les priorités d’intérêt national.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
Il est temps d'agir
En deux lois de finances, près de 18 milliards d’euros seront prélevés sur les grandes entreprises françaises. Or, en ciblant celles-ci, c’est l’emploi et la dynamique salariale qui seront affaiblis, la R&D et l’investissement productif en France qui seront fragilisés, comme s’en trouvera ébranlée la vitalité de l’ensemble du tissu économique, notamment des PME qui dépendent de leurs commandes.
Ces derniers mois, deux leviers essentiels pour l’emploi ont été mis à mal par les choix politiques : l’activité des seniors – avec la suspension de la réforme des retraites – et l’insertion professionnelle des jeunes – par le désengagement sur l’apprentissage et les lycées professionnels.
L’Afep appelle tous les décideurs publics à un sursaut. Dans un monde qui ne laisse plus de place à l’indécision, dans une Europe où, du nord au sud, tous les pays ont activement réformé leur État providence pour en sauvegarder les conquêtes, il est temps d’agir.
Contre les renoncements et la fuite en avant budgétaire – davantage de dépenses et davantage de taxes – qui mènent inexorablement au décrochage, la France doit choisir le redressement en donnant à ses grandes entreprises les conditions d’une compétition équitable avec leurs concurrentes internationales, au service de la prospérité de tous.
Les membres du conseil d’administration de l’Association française des entreprises privées (Afep) et signataires de cette tribune :Jean-Paul Agon (L’Oréal)Benoit Bazin (Saint-Gobain)Sophie Bellon (Sodexo)Sophie Boissard (Clariane)Alexandre Bompard (Carrefour)Thomas Buberl (Axa)Laurent Burelle (OPmobility)Marie-Christine Coisne-Roquette (Sonepar)Jean-Charles Decaux (JCDecaux)Paul Hermelin (Capgemini)François Jackow (Air liquide)Jean Lemierre (BNP Paribas)Catherine MacGregor (Engie)Frédéric Oudéa (Sanofi)Patrick Pouyanné (TotalEnergies)Serge Weinberg (Weinberg Capital Partners)