Les députés macronistes espèrent toujours atterrir sur le budget malgré la déconvenue du vote de l’impôt sur les multinationales mardi 28 octobre.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
Malgré le vote imprévu d’un impôt sur les multinationales, mardi 28 octobre, les députés macronistes espèrent toujours atterrir sur le budget, notamment grâce au Parti socialiste.
Est-ce une grosse pierre ou un simple petit caillou sur le chemin du budget ? Mardi 28 octobre, en début de soirée, l’Assemblée nationale a adopté, à une large majorité, – 207 voix pour, 89 contre – un amendement du député La France insoumise (LFI) Éric Coquerel, président de la commission des finances, qui crée un impôt universel sur les sociétés transnationales.
Concrètement, ce nouvel impôt – s’il était définitivement inscrit dans le budget pour 2026 – viendrait taxer les bénéfices des multinationales en proportion de leur activité réalisée en France au taux minimum de 25 %. Et il permettrait d’engranger jusqu’à 26 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires, selon le député LFI de Seine-Saint-Denis.
Pour l’exécutif, c’est la première grosse déconvenue depuis le début de l’examen du projet de loi de finances (PLF) vendredi 24 octobre. Car pour passer la barrière du Palais-Bourbon, la mesure défendue par La France insoumise (LFI) – et le reste de la gauche, via un amendement de la députée Écologiste Clémentine Autain et un autre du député communiste Nicolas Sansu – a bénéficié des voix du Rassemblement national (RN). « C’était la première fois que Marine Le Pen venait dans l’hémicycle pendant le débat budgétaire et ça nous a coûté 25 milliards d’euros », constate, amer, un député macroniste.
Colère de Roland Lescure
Votée sous les applaudissements des parlementaires de l’opposition, la mesure a vivement fait réagir sur les bancs du gouvernement : « Bravo vous pouvez être fière Madame Le Pen ! (…) La France qui tire une balle dans le pied des entreprises françaises qui rayonnent à l’étranger, bravo ! On vivra pauvres, on vivra seuls, mais au moins on aura voté un bel amendement ! », a tempêté le ministre de l’Économie Roland Lescure.
Le vote de cette mesuremarque-t-il un tournant dans l’examen du budget ? La présence de cet amendement condamne-t-elle la partie « recettes » du projet de loi de finances à être rejetée par l’Assemblée nationale ? Et compromet-elle la suite de la discussion budgétaire ?
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.