Un déficit public à 5% du PIB en 2026 ? Les économistes jugent l'objectif du gouvernement
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Le ministère des Finances dans le quartier de Bercy à Paris.
GFM - Gonzalo Fuentes
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Le ministère des Finances dans le quartier de Bercy à Paris.
GFM - Gonzalo Fuentes
Autrefois fixé à « 3% », le seuil de correction du déficit public l'est, depuis l'envolée des dépenses des années Covid, à 5%. Mais cela reste un horizon alors qu'il est aujourd'hui à 5,8%. Comment le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui a échappé à la censure, compte-t-il s'y prendre ?
Si le gouvernement se donnait initialement pour objectif de parvenir à un déficit public à 4,7% du Produit intérieur brut (PIB) en 2026, il a finalement consenti à lâcher quelque neuf milliards d'euros afin de faire passer son budget dans une Assemblée nationale dépourvue de majorité.
Pour éviter la censure, Bercy a revu sa cible de déficit public à 5% du PIB en 2026, avec pour conséquence un effort de consolidation budgétaire moins important qu'annoncé, mais qui permettrait tout de même de réduire le déficit public de 0,4 point de PIB par rapport à 2025, où il devrait s'établir à 5,4% du PIB.
Ramener le déficit public à 5% du PIB en 2026 passera par un effort d'environ 12 milliards d'euros, réparti pour moitié entre des baisses de dépenses et des recettes supplémentaires, un objectif atteignable, mais soumis à de nombreux aléas, selon plusieurs économistes.
Pour atteindre sa cible, le gouvernement entend économiser 0,4 point de PIB par rapport à 2025, réparti à parts égales entre des baisses de dépenses et des recettes supplémentaires, en incluant la charge de la dette d'environ 7 milliards d'euros.
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La part de la dépense publique par rapport au PIB passerait de 56,8% à 56,6%, et le taux de prélèvement obligatoire serait en hausse de 43,6% à 43,9% par rapport au PIB, un taux qui reste "très en dessous de celui de 2017", selon un document de Bercy consulté par l'AFP.
Un déficit public à 5% du PIB en 2026 "ne me semble pas complètement en dehors des clous, mais je ne mettrais pas mon bras à couper" que le gouvernement le tiendra, a réagi auprès de l'AFP Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Cet objectif parait "réaliste", mais est empreint d'un certain "volontarisme", juge de son côté Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode.
Selon lui, déterminer un scénario de finances publiques en fonction "d'une conjoncture que l'on espère allante" peut exposer à de "mauvaises surprises".
Plusieurs aléas pourraient effectivement compromettre cet objectif.
Par exemple, des rentrées fiscales plus faibles qu'escompté, comme l'illustre la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Mise en place en 2025, son rendement est finalement inférieur aux prévisions de Bercy.
Si les ménages sont globalement épargnés par les hausses d'impôts dans le budget 2026, le gouvernement a reconduit la surtaxe d'impôt sur les sociétés. Plus concentrée, elle devrait rapporter 7,3 milliards d'euros en 2026.
"Quand un impôt est ponctuel, les entreprises acceptent de le payer, mais quand un impôt devient pérenne, là, les comportements changent", met en garde Anthony Morlet-Lavidalie, qui estime que la reconduction de cette mesure est perçue comme un "signal extraordinairement négatif" par "les milieux patronaux".
Il suffirait de mauvaises surprises sur quelques rentrées fiscales, notamment des impôts ponctuels, conjuguées à un ralentissement de l'activité, et "les 5% ne seront pas atteints", estime-t-il.
« De "bonnes surprises" sur la croissance notamment, attendue à 1% en 2026, pourraient permettre d'atteindre la cible, voire un déficit meilleur qu'escompté, selon Mathieu Plane.
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D'autres aléas pourraient aussi troubler la trajectoire de réduction du déficit, notamment le niveau des recettes de TVA qui n'ont pas toujours été à la hauteur des prévisions ces dernières années.
Quant à ramener le déficit à 3% du PIB en 2029 - et comme l'exigent les règles européennes -, au vu de la situation politique, les économistes sont encore plus dubitatifs.
Depuis 2020, le déficit public français est repassé sous les 5% seulement en 2022, alors à 4,8%.
(Avec AFP)
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