OPINION. « Ce budget n’est pas un compromis, c’est un renoncement », par Marine Cazard et Guillaume Lamidon

Marine Cazard, présidente des Jeunes Horizons et Guillaume Lamidon, jeune engagé chez Les Républicains
LTD/DR

Marine Cazard, présidente des Jeunes Horizons et Guillaume Lamidon, jeune engagé chez Les Républicains
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Chez nos voisins européens, le compromis existe et constitue un acte de responsabilité. Mais ici, le compromis est devenu un prétexte à l’immobilisme, voire au recul, comme on l’a vu avec la suspension de la réforme des retraites. À force de concessions successives, le mot a perdu tout son sens. Ce qui nous est proposé aujourd’hui n’est ni un budget équilibré ni un budget responsable : c’est une accumulation de renoncements, financés par ceux qui n’ont ni les moyens, ni le patrimoine, ni le poids électoral pour se défendre.
Une fois encore, la facture est adressée aux jeunes et aux actifs. En 2026, les retraites seront indexées sur l’inflation pour la vingt-deuxième année consécutive, sans la moindre réflexion sur l’équité entre les générations. Dans le même temps, la principale mesure affichée en faveur de la jeunesse se résume aux repas CROUS à 1 €. Une réponse essentiellement symbolique, qui ne traite ni la réalité de la précarité des jeunes — près d’un quart d’entre eux — ni les obstacles structurels à l’entrée sur le marché du travail. On ne répond pas aux angoisses, aux craintes et aux défis de la jeunesse par des symboles. Il faut au contraire libérer les énergies, faire confiance aux nouvelles générations et, surtout, leur rendre le fruit de leur travail.
Deux décisions, une même logique : acheter la paix politique avec la gauche et le Rassemblement national, sans jamais s’attaquer aux causes profondes du déclassement des Français.
Nous sommes pourtant une génération qui demande autre chose : que le travail soit valorisé, qu’il redevienne un vecteur d’émancipation et de réussite, que les services publics soient mieux pensés et que l’innovation soit de nouveau au cœur de notre stratégie de puissance. La France ne sera ni influente en Europe ni forte dans le monde sans une innovation décomplexée, plutôt que surnormée.
Ainsi, le gouvernement aurait pu faire de l’entreprise un levier de dynamisme économique et un moteur d’enthousiasme pour la jeunesse. Il a préféré, à la demande des socialistes, maintenir une surtaxe exceptionnelle - le problème réside précisément dans ce terme - sur les grandes entreprises et renoncer à la baisse de la CVAE.
Autrement dit, taxer davantage ceux qui investissent, embauchent et créent de la valeur.
Or freiner l’investissement, c’est ralentir la création d’emplois, affaiblir l’attractivité de notre pays et, inévitablement, faire payer les jeunes sur le long terme.
On nous parle de solidarité, mais dans les faits, une majorité de parlementaires organise notre perte au nom d’une prétendue responsabilité.
On prétend protéger les jeunes, mais on refuse de sanctuariser ce qui les rendra réellement libres : l’émancipation, le travail, l’épargne, la capacité à se projeter.
Ce que nous présente le gouvernement, à l’issue des débats parlementaires, n’est donc pas le fruit d’un compromis. C’est le prix de la lâcheté politique, le prix du court-termisme, le prix d’un manque de vision criant pour le pays.
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Puisqu’il faut le redire, parce qu’ils ne nous entendent pas : nous refusons d’être la variable d’ajustement permanente. Et nous refusons surtout qu’on appelle « compromis » ce qui n’est, en réalité, qu’un renoncement.
Notre génération paiera la note de vos renoncements. Elle ne le pardonnera pas.