Budget : Lecornu renvoie la balle au Parlement et convainc ni la gauche ni le RN
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Benoit Tessier - Reuters
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Dans un entretien au Parisien, le chef du gouvernement assume une cure d’amaigrissement de six milliards d’euros pour l’État, tout en balayant les demandes de fiscalité accrue sur les plus aisés, un choix qui promet déjà des tensions avec l’opposition.
Les six milliards d’euros de réductions cibleront d’abord le "train de vie" de l'Etat, avec en parallèle un renforcement du contrôle des dépenses sociales et locales. Un projet de loi contre les fraudes fiscales et sociales, présenté en même temps que le budget, doit compléter l’effort. Pourtant, Lecornu se défend de toute logique d’austérité : les retraites (+6 milliards) et la santé (+5 milliards) verront leurs enveloppes gonfler. Objectif affiché : ramener le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026 — une légère révision à la hausse par rapport aux 4,6 % initialement prévus par l'ancien Premier ministre François Bayrou.
Fermeté sur le front fiscal. La taxe Zucman sur les hauts patrimoines ? "Je n’y crois pas", tranche Lecornu, arguant qu’elle frapperait aussi "le patrimoine professionnel", essentiel selon lui pour "défendre la souveraineté économique" de la France. Quant au retour de l’ISF, supprimé en 2017, le Premier ministre enterre l’idée : "Le gouvernement ne l’envisage pas." Un argument choc : la France affiche déjà "les taux de prélèvements obligatoires les plus élevés de l’OCDE".
Pourtant, le budget ne sera pas neutre fiscalement. "Certains impôts augmenteront, d’autres diminueront", glisse-t-il, renvoyant la balle au Parlement pour arbitrer les ajustements. Une manière de désamorcer les critiques tout en maintenant une marge de manœuvre.
"Passer de la liasse de tweets à la liasse d'amendements": le Premier ministre Sébastien Lecornu renvoie la balle au Parlement pour construire un budget de compromis. Mais la gauche et le RN menacent plus que jamais de le censurer, faute de voir dans ses premières orientations la "rupture" promise.
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