Face à la crise de la dette, l'imposition des plus hauts patrimoines « doit être la priorité », a affirmé l'économiste Thomas Piketty au Parlement ce jeudi dans le cadre de la Commission d'enquête sur la fortune des plus riches menée par le député (Liot) Charles de Courson.Les classes moyennes vont-elles devoir passer à la caisse face à l'inexorable envolée de la dette française ? Devant les députés de la commission d'enquête sur les hauts patrimoines, l'économiste Thomas Piketty a sonné le tocsin. « Les solutions actuellement proposées pour réduire l'endettement public peuvent aboutir à un affaiblissement des classes moyennes patrimoniales et à l'appauvrissement des plus pauvres », a-t-il affirmé ce jeudi 7 mai, lors de son audition. « L'émergence d'une classe moyenne patrimoniale, cela veut dire des millions de Français qui possèdent un logement, une petite entreprise ou de l'épargne. Revenir là-dessus me paraît aller au-delà d'une explosion sociale. C'est inenvisageable politiquement ».
Coût de la guerre : la question cruciale de la justice fiscale
Sans s'attaquer directement à la politique économique du camp présidentiel, le professeur d'économie à Paris School of Economics (PSE) a multiplié les avertissements. « Je pense qu'il y a un risque d'effritement du modèle social en France. Ma crainte est que cet effritement risque d'aller de pair avec un report de ces questions sur les sujets identitaires. Ce refus de s'attaquer de front aux questions de justice fiscale et sociale me semble dangereux. »
En pleine guerre en Iran, la hausse du coût de la vie pour de nombreux Français va devenir cruciale. Empêtré dans une crise des finances publiques, Matignon s'est dit prêt à faire des rallonges ciblées sur certains secteurs et ménages. Mais face à l'enlisement du conflit et à ses répercussions financières, la guerre pourrait raviver les débats sur la taxation des hauts patrimoines avant le budget 2027.