DÉCRYPTAGE. Depuis le pic de 2022, le prix du baril s'est effondré, entraînant une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat. Mais cette manne fiscale est vitale pour le budget de la France. Comment Bercy peut-il compenser le manque à gagner, surtout face à l'accélération de la transition électrique qui réduit structurellement la consommation de carburants fossiles ?
Un prix du baril en baisse, aux alentours de 60 dollars : cela n’était plus arrivé depuis 2021, au pic de la pandémie de Covid-19. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait ainsi à 62,24 dollars (en baisse de 0,51 %) et celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), à 57,74 dollars (-0,55 %).
Depuis le printemps 2025, la tendance baissière s’installe. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le prix du baril de Brent est en effet passé sous la barre des 70 dollars depuis avril et, d’après la Banque mondiale, il devrait se stabiliser autour de 60 dollars en 2026.
Les raisons sont connues. En décembre 2024, les pays membres de l’Opep+ ont annoncé une augmentation de leur production. Une annonce qui a surpris les marchés et relancé une nouvelle guerre des prix entre États producteurs d’or noir. L’autre facteur est le « bazooka » douanier de Donald Trump, qui a plongé l’économie mondiale dans une forme d’atonie, avec une croissance qui stagne et, surtout, une incertitude économique inédite.
Bercy surveille
En bout de chaîne de ces grandes variables, les automobilistes s’en réjouissent, avec un prix à la pompe plus abordable, surtout après la flambée provoquée par la guerre en Ukraine en 2022, lorsque le baril avait dépassé les 120 dollars.
Du côté de l’État, la situation est surveillée, la fiscalité sur les carburants constituant un levier de recettes important pour le budget. En moyenne, selon Bercy, celle-ci est estimée à une quarantaine de milliards d’euros par an. Environ 60 % du prix des carburants est constitué de deux taxes : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA, à 20 %) et la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), anciennement dénommée taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP).
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