Les 5 % les plus riches possèdent plus d'un tiers du patrimoine en France, selon une note de l'Insee. Une accumulation favorisée par la fiscalité sur l'héritage et la donation.La pression s'accentue sur les plus grandes fortunes. Après l'étude exhaustive du laboratoire sur les inégalités mondiales pilotée par l'économiste Thomas Piketty, c'est au tour de l'Insee de livrer une radiographie clinique sur les écarts de patrimoine dans l'Hexagone. Et les résultats sont spectaculaires : les 10 % au sommet de la pyramide possède un patrimoine en valeur net (750 000 d'euros) bien supérieur aux 10 % les plus pauvres (4 600 euros) en 2024.
Cette concentration est encore plus marquée lorsque l'on compare le 1 % (2,7 millions d'euros) et le bas de la distribution. Au cours de la dernière décennie, la valeur du patrimoine net a grimpé deux fois plus vite (+24 %) pour les 1% que la valeur du patrimoine médian (+10,4 %). Résultat, les fractures patrimoniales se sont largement creusées sous l'effet des réformes socio-fiscales menées sous l'ère Hollande-Macron, et de l'envolée des prix de l'immobilier dans certaines métropoles.
Des inégalités de patrimoine criantes
Cette très forte accumulation montre que les inégalités de patrimoine sont bien supérieures aux inégalités de revenus dans l'Hexagone. « Le patrimoine est la matrice des inégalités », a expliqué à La Tribune, le professeur à Sciences-Po Paris, Lucas Chancel, et co-auteur du dernier rapport sur les inégalités mondiales. L'enquête de l'Insee montre que sur les 31 millions de ménages vivant en logement ordinaire en France, la moitié possède 93 % du patrimoine brut alors que l'autre moitié ne possède que 7 %.