Revenu, patrimoine, impôts, pollution : la spirale préoccupante des inégalités dans le monde
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Des bateaux de luxe dans le port de Monaco.
eg/SY - REUTERS - Eric Gaillard
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Des bateaux de luxe dans le port de Monaco.
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Les inégalités menacent le système économique et financier partout sur la planète. C'est le tableau dressé par le laboratoire sur les inégalités mondiales dans son dernier rapport dévoilé ce mardi 9 décembre. Ce travail de plus de 200 chercheurs « est vilipendé par Trump et certains milliardaires sur la planète », regrette auprès de La Tribune, Lucas Chancel, économiste et coauteur.
Centralisée par les équipes de l'économiste Thomas Piketty, cette vaste base de données a pour ambition de brosser un panorama des fractures de la planète sur le revenu, le patrimoine, la pollution, le genre, l'éducation ou encore entre les territoires. L'inégalité « touche tous les domaines de la vie économique et sociale », indique le rapport.
Cette imbrication entre les différents types d'inégalités révèle les immenses défis que vont devoir relever les États s'ils veulent continuer à prospérer dans un cadre démocratique. « Les progressistes se sont endormis depuis quatre décennies. Il y a un déficit de proposition qui crée un appel d'air pour d'autres mesures concernant les étrangers », explique Lucas Chancel.
Premier enseignement du rapport, les disparités en fonction des catégories de revenu ou de patrimoine demeurent à des niveaux vertigineux. « La dimension patrimoniale est une matrice des inégalités mondiales », pointe Lucas Chancel. Ainsi, les 10 % les plus riches détiennent 53 % des revenus et 75 % du patrimoine à l'échelle mondiale. À l’opposé, les 50 % les plus pauvres possèdent 8 % du revenu et seulement 2 % du patrimoine. Au milieu, la classe moyenne représente 38 % du revenu mondial et 23 % du patrimoine.
Les inégalités deviennent encore plus extrêmes lorsque l'on zoome sur les 56 000 individus les plus riches de la planète. Ces 0,001 % possèdent trois fois plus de patrimoine que les 50 % les plus pauvres. Comment expliquer un tel phénomène ? Le taux de croissance du patrimoine de cette fraction la plus fortunée a explosé ces 30 dernières années (entre 2 et 9 % par an) alors que la moitié la plus pauvre a connu une croissance de son patrimoine entre 2 % et 4 % entre 1995 et 2025.
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