Emmanuel Macron annonce une « mission défensive » pour rouvrir le détroit d’Ormuz
latribune.fr
Le président français Emmanuel Macron , le président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont tenu une conférence de presse conjointe à l'aéroport militaire de Paphos.
REUTERS - Gonzalo Fuentes
Depuis Chypre, le président français a précisé que cette mission au sein du détroit serait conduite de manière « strictement pacifique », avec des partenaires européens et non européens. Une initiative fraîchement accueillie par Téhéran.
Emmanuel Macron a dévoilé lundi à Chypre une initiative militaire internationale visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole et de gaz. Depuis la base militaire de Paphos, le président français a insisté sur le caractère « purement défensif, purement d’accompagnement » de cette opération, destinée à assurer la circulation maritime dans une région frappée par l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
« Nous sommes en train de mettre en place (...) une mission purement défensive, purement d’accompagnement, (...) qui a vocation à permettre, dès que cela sera possible après la sortie de la phase la plus chaude du conflit, l’escorte de porte-conteneurs et de tankers pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz », a déclaré Emmanuel Macron. La sécurisation du passage maritime est présentée comme « essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région », a-t-il ajouté, soulignant les conséquences directes de l’impraticabilité du détroit sur les marchés énergétiques.
Dimension géopolitique
Cette annonce intervient au moment où la France mobilise un dispositif naval majeur : huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et le porte-avions Charles de Gaulle, redéployé vers la Méditerranée orientale. Deux frégates françaises participeront également à l’opération Aspides, mise en place par l’Union européenne en 2024 en mer Rouge, sous commandement grec. Selon Emmanuel Macron, cette opération européenne doit être « renforcée avec davantage de moyens flottants », a indiqué le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, présent aux côtés du chef de l’État français.
Le choix de Chypre pour annoncer cette initiative n’est pas anodin. L’île méditerranéenne a été récemment touchée par des frappes liées au conflit, provoquant un message clair de solidarité européenne et française. « Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée. La défense de Chypre est évidemment une question essentielle pour votre pays, pour notre voisin partenaire et amis de Grèce, mais aussi pour la France et avec elle l’Union européenne », a martelé Emmanuel Macron, rappelant la dimension géopolitique de l’opération.
Présidence française du G7
Le président français a précisé que cette mission serait conduite de manière « strictement pacifique » avec des partenaires européens et non européens, mentionnant des discussions en cours avec l’Inde et d’autres pays asiatiques fortement impactés par la perturbation des flux énergétiques. L’initiative s’inscrit également dans le cadre de la présidence française du G7, avec une réunion prévue des ministres de l’Énergie pour coordonner la gestion des crises énergétiques, incluant l’option de puiser dans les réserves stratégiques.
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L’objectif affiché dépasse la simple protection des routes maritimes : Emmanuel Macron a insisté sur la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes et la sécurité des ressortissants français. En marge de sa visite, le président a renouvelé ses appels à la cessation des frappes du Hezbollah depuis le Liban et à la fin rapide des opérations militaires israéliennes sur ce territoire. « Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l’intégrité territoriales du Liban d’être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d’assurer la sécurité de leur sol », a-t-il insisté.
Réponse ferme de Téhéran
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a estimé pour sa part que la sécurité dans le détroit stratégique d’Ormuz ne pourrait être rétablie tant que se poursuivra la guerre contre les États-Unis et Israël.
« Il est peu probable que la sécurité puisse être assurée dans le détroit d’Ormuz au milieu des feux de guerre allumés par les États-Unis et Israël dans la région », a affirmé Ali Larijani sur X.