Guerre au Moyen-Orient : le pétrole s'envole

Ce lundi matin, les marchés réagissaient à cette flambée du pétrole, avec des cours en baisse.
REUTERS - Lisa Marie David

Ce lundi matin, les marchés réagissaient à cette flambée du pétrole, avec des cours en baisse.
REUTERS - Lisa Marie David
Deux semaines après le début du conflit en Iran, le scénario tant redouté est en marche. Ce lundi matin, le baril de pétrole flambe. La barre des 100 dollars a ainsi été franchie pour le WTI et le baril de Brent de la mer du Nord en journée avant de redescendre. Vers 16 h (heure de Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 5,50 % à 98,45 dollars. Le baril de WTI, référence du marché américain, bondit, lui, de 4,18 %, à 95,63 dollars. C'est 35 dollars plus cher qu'en début d'année.
Le baril de Brent de la mer du Nord s'est envolé au début de la séance de plus de 28 % et le WTI, son équivalent américain, de plus de 31 %, sa plus forte hausse journalière jamais enregistrée. Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
Trois facteurs déterminants expliquent cette hausse brutale : la prolongation du conflit au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % des hydrocarbures du globe, et les dommages aux infrastructures énergétiques, causés par les bombardements.
Du côté du gaz naturel, une autre source d'énergie stratégique des économies mondiales, la tendance n'est pas meilleure. Le TTF néerlandais, indice européen de référence, grimpait ce lundi matin de 20 % à 64,05 euros le Mégawattheure vers 8 h 25. Après avoir flambé de 30 % à l'ouverture du marché. Mais pour le moment, il reste encore très loin des niveaux atteints en 2022 au début de la guerre en Ukraine, où il avait dépassé les 300 euros.
La réaction des marchés ne s'est pas faite attendre, notamment en Asie, continent qui se fournit le plus en pétrole brut dans les pays du Golfe. Notamment la Chine, son premier importateur, mais aussi l'Inde, la Corée du Sud et le Japon.
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La Bourse de Tokyo a clôturé sur un plongeon de quelque 5 %, tandis que Séoul a terminé la séance en dévissant de 6 %. À Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 5,19 % à 52 728,72 points. À la Bourse de Séoul, l'indice Kospi a fini en chute de 5,96 % à 5 251,87 points.
Les analystes et économistes se posent désormais la question de l'impact économique face à une telle situation. Les craintes d'une nouvelle montée de l'inflation mondiale ressurgissent, tendance qui pourrait se coupler à une croissance atone, soit un phénomène de « stagflation ».
De leur côté, les gouvernements occidentaux réfléchissent encore à la réaction à donner. « Nous allons suivre les choses de près, nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole de manière à stabiliser le marché », mais « on n'en est pas encore là », a déclaré à la presse le ministre français des Finances Roland Lescure, qui avait réuni ses collègues du G7 en visioconférence pour étudier la situation.
Une telle mesure, si elle s'avérait nécessaire, ne peut être efficace que si elle est mise en œuvre de façon « coordonnée », a-t-il expliqué.
Pour mémoire, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) impose à ses membres de détenir en permanence des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d'importations nettes de pétrole. L'idée est d'amortir des chocs, comme un conflit au Moyen-Orient qui viendrait à durer. La France détenait en novembre 2025 au total l'équivalent de 122 jours d'importations nettes, selon un décompte de l'AIE.
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