Face au risque d’une perturbation durable du marché pétrolier, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, les stocks stratégiques constituent le principal filet de sécurité. Comment fonctionnent-ils ? Qui les finance ? Comment cela se passe-t-il en France ? Dans quelles conditions peuvent-ils être mobilisés ? La Tribune fait le point.Ce lundi, les ministres des Finances du G7 devraient discuter du recours aux réserves stratégiques de pétrole lors d'une réunion en visioconférence, alors que les cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpaient de 16,18 % à 107,69 dollars, ce matin peu après avoir flambé de plus de 28 %.
« Il n’y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France, ni sur le gaz, ni sur l’essence. Ne créons pas un problème qui n’existe pas. Il n’y a aucune raison de se ruer dans les stations-service », a rassuré le ministre de l’Économie Roland Lescure mardi dernier alors que la guerre au Moyen-Orient a suscité une hausse significative du prix du pétrole et, encore plus forte, du gaz.
« Une hausse significative des prix du pétrole serait inévitable et des pénuries physiques apparaîtraient rapidement si la perturbation devait se prolonger », explique l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans une note dédiée au détroit d’Ormuz, alors que la France et les États-Unis ont déclaré vouloir prendre des mesures pour permettre aux navires de circuler à nouveau dans ce passage étroit, où transitent habituellement 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde.
« Si la majeure partie du pétrole transitant par le détroit est destinée aux marchés asiatiques, l'impact d'une perturbation du détroit serait mondial en raison de son impact immédiat sur les prix. L'impact sur le marché serait exacerbé par le fait qu'en plus de perturber les expéditions de pétrole transitant par le détroit, la grande majorité de la capacité de production mondiale de pétrole brut de réserve pourrait également être rendue indisponible », poursuit l’agence basée à Paris.