Victoire de Milei : la Bourse bondit, le peso s’envole, le taux d’emprunt recule
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Le président argentin Javier Milei réagit après la victoire du parti La Libertad Avanza aux élections de mi-mandat.
REUTERS - Cristina Sille
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Le président argentin Javier Milei réagit après la victoire du parti La Libertad Avanza aux élections de mi-mandat.
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La nette victoire électorale de Javier Milei lors des législatives de mi-mandat, dimanche, a agi comme un détonateur sur la finance argentine, signant un regain de confiance majeur de la part des investisseurs internationaux. Dès l’ouverture des marchés lundi, la Bourse de Buenos Aires a bondi de plus de 20 %, traduisant un enthousiasme non dissimulé face à la confirmation du mandat réformateur du président libertarien.
Le marché obligataire, indicateur clé de la perception du risque-pays, a suivi une trajectoire spectaculaire. Le taux obligataire à dix ans de l’Argentine a reculé de manière significative, passant de 14,34 % vendredi à 10,51 % lundi, soit une baisse nette et rapide de 3,83 points de pourcentage. Simultanément, la monnaie nationale, le peso argentin, s’est envolée, gagnant jusqu’à 10 % face au dollar avant de se stabiliser autour de 1 448,30 pesos pour un dollar, selon les données de Bloomberg.
Cette réaction en chaîne s’explique par le score électoral. Le parti présidentiel, La Libertad Avanza, a recueilli un peu plus de 40 % des voix au niveau national, un résultat qui dément la plupart des sondages et atténue l’incertitude qui pesait sur l’économie et la monnaie depuis deux mois. Pour les analystes, ce signal fort donné par les urnes est une condition essentielle pour rassurer les capitaux étrangers et locaux.
Le succès politique de Javier Milei consolide instantanément la relation bilatérale avec les États-Unis, notamment au plus haut niveau. Le président américain Donald Trump a salué cette « victoire écrasante » sur son réseau social, affirmant que la confiance en Milei était « justifiée par le peuple argentin ».
Au-delà des félicitations, cette alliance se traduit par un engagement financier massif. Les accords prévoient désormais jusqu’à 40 milliards de dollars d’assistance, mêlant fonds américains et prêts privés. Ce montant comprend un mécanisme d’échange de devises de 20 milliards de dollars fourni par les États-Unis, assorti de 20 milliards de dollars supplémentaires sous forme de prêts privés, selon l’analyse de Benjamin Picton de Rabobank. Ce soutien financier est vital pour un pays aux réserves de changes faibles, et permet de stabiliser les attentes sur le marché des devises.
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La Libertad Avanza est ainsi vouée à quasiment tripler sa base parlementaire. Selon les projections de Javier Milei, encore non confirmées par l’autorité électorale, son bloc passerait de 37 à 101 députés (sur 257) et de six à 20 sénateurs (sur 72). S’il n’atteint pas la majorité absolue, le président « anarcho capitaliste » dispose désormais d’une capacité accrue à réformer et déréguler l’économie. Obtenir le tiers des sièges constituait déjà, selon ses propres estimations, un « bon chiffre » lui permettant d’imposer ses vétos au besoin.
Malgré cette victoire politique et la trêve sur les marchés, la feuille de route économique de Javier Milei reste minée par des défis sociaux et macroéconomiques majeurs. Le chef de l’État arrive au scrutin auréolé d’un succès contre l’hyperinflation, ramenée de plus de 200 % en 2023 à 31,8 % en rythme annuel. Il revendique également un équilibre budgétaire inédit depuis 14 ans, issu de son « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire ».
Cependant, cette cure d’austérité s’est traduite par la perte de plus de 200 000 emplois, une activité anémiée et une contraction de 1,8 % de la croissance en 2024. La reprise reste fragile, à peine repartie avec une projection de +1,8 % en 2025, et l’inflation, bien que fortement réduite, continue de peser sur le pouvoir d’achat et d’exacerber les fractures sociales.
Conscient de ces contraintes, et après avoir souvent légiféré par décrets ou s’être heurté à un Parlement rétif, Javier Milei doit désormais montrer un pragmatisme accru. Les bailleurs internationaux, y compris le FMI, insistaient pour que l’exécutif « renforce le soutien politique et social » à ses réformes.
Le président a donné un signal d’ouverture, affirmant qu’« il y a des dizaines de députés et de sénateurs avec lesquels nous pouvons arriver à des accords de base » d’ici à 2027. Dans son viseur : les réformes fiscales, la flexibilisation du marché du travail, et la refonte du système de protection sociale.
Le politologue Sergio Berensztein estime que Milei devra « faire preuve de flexibilité, d’humilité et de disposition à des accords avec les gouverneurs de province » et les forces d’opposition modérées pour dégager les majorités nécessaires. Ce virage est d’autant plus impératif que la participation au scrutin, avec 67,9 %, est l’une des plus faibles depuis le retour de la démocratie en 1983, signalant une usure civique dans un pays qui cherche désespérément la stabilité économique.
(Avec Bloomberg, AFP)
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