ANALYSE. À l’occasion d’une rencontre officielle ce mardi, le président sud-coréen et le Premier ministre japonais ont échangé sur un renforcement de leur coopération économique. Une manière de mieux faire face à la pression économique des États-Unis de Donald Trump. Explications.
Ce n’est pas la première fois qu’un Premier ministre japonais foule le sol de la Corée du Sud, mais cette fois-ci, la visite a une teneur particulière. Ce mardi, Shigeru Ishiba, rend visite au président sud-coréen Lee Jae-myung, et pour la première fois depuis vingt et un ans, la rencontre se fera à Busan, deuxième ville et poumon économique du pays, après Séoul.
Une visite qui fait suite à celle du nouveau président sud-coréen (nommé en juin) au Japon le 23 et 24 août dernier, et qui relance ce que les diplomates appellent « la diplomatie de la navette » entre les deux nations voisines. Selon une note récente de France Trésor, ces dialogues entre gouvernements ont déjà abouti à des renforcements dans des « domaines d’avenir porteurs, tels que les énergies propres (notamment l’hydrogène et l’ammoniac) et l’intelligence artificielle ».
Sous pression économique des États-Unis
Mais la singularité de la rencontre du jour répond aussi à un autre défi, plus international encore. Depuis le mois d’avril, Séoul et Tokyo font en effet face à la nouvelle salve douanière lancée par le président américain. Et en la matière, leur position privilégiée en tant qu’alliés sécuritaires stratégiques des États-Unis ne leur a pas permis d’éviter le couperet commercial.
Si les deux nations ont réussi en juillet à obtenir un accord qui limite à 15 % les surtaxes sur une grande partie de leurs biens exportés, le « deal » ne couvre pas l’acier et l’aluminium, toujours imposés à 50 %. Un problème pour les deux pays, qui figurent dans le top 10 des producteurs mondiaux de ce métal très utilisé dans l’industrie.
Autre épine dans le pied des puissances asiatiques, l’accord conclu avec Trump prévoit des investissements conséquents aux États-Unis : le Japon est censé y investir 550 milliards de dollars, tandis que la Corée du Sud est censée injecter 350 milliards dans l’économie américaine.
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