Moyen-Orient : 20 000 Français déjà rapatriés, le secteur privé en alerte maximale
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Le Centre financier international de Dubaï (DIFC) aux Émirats arabes unis.
CP/RR/PKP - REUTERS - CHRISTOPHER PIKE
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Le Centre financier international de Dubaï (DIFC) aux Émirats arabes unis.
CP/RR/PKP - REUTERS - CHRISTOPHER PIKE
Le gouvernement français confirme le rapatriement de 20 000 ressortissants sur 400 000 depuis le début du conflit le 28 février, grâce à des vols d’État et commerciaux.
Le Medef indique que les collaborateurs des entreprises françaises sont « pour la plupart déjà rentrés », la sécurité étant devenue la priorité absolue face à l’instabilité régionale.
Des géants du conseil et de la finance (PwC, Deloitte, Citi) évacuent leurs bureaux à Dubaï et dans le Golfe à la suite des menaces iraniennes visant les centres économiques.
Depuis le déclenchement des hostilités le 28 février dernier, le Quai d’Orsay et les services de l’État pilotent une opération de retour d’envergure. Mercredi 11 mars, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a dressé un premier bilan comptable à l’issue du Conseil des ministres : près de 20 000 Français ont été rapatriés. Sur ce total, 2 000 personnes ont bénéficié de vols affrétés directement par la France, tandis que 17 000 ont pu quitter la zone grâce au renforcement des liaisons commerciales. Cette mobilisation concerne une population totale estimée à 400 000 résidents ou passagers dans la région.
L’inquiétude gagne les états-majors des entreprises hexagonales. Patrick Martin, président du Medef, a déclaré lors d’un colloque consacré à l’énergie que les collaborateurs français présents dans la zone touchée sont « pour la plupart déjà rentrés ». L’organisation patronale maintient une liaison permanente avec l’exécutif pour coordonner la protection des salariés. Patrick Martin a lui-même illustré cette vigilance en mentionnant sa propre entreprise, Martin Belaysoud, engagée sur un projet gazier offshore au Qatar.
Le risque a franchi un palier mercredi avec les déclarations de l’armée iranienne visant explicitement les « centres économiques et les banques » en représailles à des frappes israélo-américaines à Téhéran. À Dubaï, la réaction a été immédiate : le géant bancaire Citi a ordonné l’évacuation de ses bureaux du centre financier (DIFC) et du quartier d’Oud Metha. Dans la foulée, le cabinet Deloitte a demandé à son personnel d’évacuer ses locaux aux Émirats arabes unis, tandis que PwC a annoncé la fermeture préventive de ses bureaux en Arabie saoudite, au Qatar, au Koweït et aux Émirats pour le reste de la semaine.
Sur le terrain, la gestion de crise s’intensifie. Des prestataires spécialisés comme International SOS rapportent l’organisation de convois routiers sécurisés vers Oman, malgré une congestion forte aux frontières. Plus d’une cinquantaine d’opérations d’évacuation, concernant environ 200 personnes, ont été recensées par ces acteurs privés. Pour les salariés restant sur place, la règle est désormais au confinement ou au télétravail généralisé, les entreprises cherchant à limiter au maximum l’exposition physique dans les quartiers d’affaires.
Au-delà de l’urgence humaine, le conflit interroge la résilience des projets industriels. Si Patrick Martin estime qu’il n’y a pas, à ce jour, de problème de disponibilité de l’énergie, la question du prix reste l’inconnue majeure de cette « équation complexe ». Des groupes comme TotalEnergies ont déjà rapatrié les familles de leurs collaborateurs tout en tentant de maintenir une activité minimale. Pour le Medef, cette crise doit pousser à tirer les enseignements nécessaires en matière de souveraineté et de décarbonation.
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(Avec AFP)
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