FILE PHOTO: A sailor observes the oil tanker HELGA, which is moored at one of Iraq's southern offshore oil terminals near Basra, as it prepares to load crude oil, becoming the second vessel to arrive since the closure of the Strait of Hormuz, April 24,...
La multiplication des attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz fait remonter la prime de risque sur les marchés de l'énergie, malgré la trêve conclue entre Washington et Téhéran.
Le détroit d’Ormuz replonge dans la zone rouge. En l’espace de vingt-quatre heures, trois navires commerciaux ont été frappés sur cette artère stratégique du commerce mondial des hydrocarbures, faisant ressurgir le risque d’une escalade durable malgré le protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran pour mettre fin aux hostilités.
La dernière attaque a été signalée ce mardi par l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO. Selon elle, un navire-citerne transitant par le détroit a été visé par un drone. « L’UKMTO a reçu un signalement faisant état d’un nouvel incident impliquant un navire-citerne transitant par le détroit d’Ormuz. Le navire a été touché par un drone d’origine inconnue et a subi des dommages structurels mineurs. Aucun blessé ni pollution n’ont été signalés », a indiqué l’agence.
Cet incident intervient après deux autres attaques survenues dans la nuit. Un méthanier géant qatari, l’Al Rekayyat, transportant du gaz naturel liquéfié (GNL), a été touché par un drone alors qu’il quittait le détroit d’Ormuz. L’attaque a déclenché un incendie dans la salle des machines, conduisant le navire à lancer un appel de détresse. Si l’équipage est indemne et en cours d’évacuation, des sources de sécurité maritime estiment que le sinistre fait toujours peser un risque d’explosion.
Dans le même temps, un superpétrolier battant pavillon saoudien, identifié comme le Wedyan, a lui aussi subi des dommages au large des côtes omanaises, sans que les circonstances précises de l’incident ne soient encore établies.
Rapport de force
Le Qatar accuse directement l’Iran d’être à l’origine de l’attaque contre le méthanier. Une accusation lourde de conséquences, alors que Doha joue un rôle de médiateur dans les discussions entre Washington et Téhéran. C’est également la première fois depuis le début de la guerre, fin février, qu’un méthanier qatari est pris pour cible.
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Au-delà de la succession des attaques, c’est surtout le rapport de force autour du détroit d’Ormuz qui inquiète les armateurs. Depuis plusieurs jours, les Gardiens de la Révolution multiplient les avertissements à destination des navires commerciaux, affirmant vouloir contrôler la navigation dans ce passage par lequel transitait avant la guerre près de 20 % du pétrole mondial.
Cette revendication place les compagnies maritimes dans une impasse. « Désormais, si nous empruntons les eaux iraniennes, qui sont sûres à 100 %, cela signifie que nous traitons avec les Iraniens et que nous admettons que le détroit d’Ormuz est sous leur contrôle. Si nous passons par les eaux sous contrôle américain ou omanais, alors on se fait attaquer », résume une source du secteur maritime. Une autre décrit le désarroi des opérateurs : « Les États-Unis nous autorisent à passer, mais s’il se passe quelque chose en cours de route, ils nous disent : ’C’est à vous de décider si vous continuez ou si vous faites demi-tour’. »
Toujours dans l'impasse
Selon le site américain Axios, citant des responsables américains, le Corps des gardiens de la révolution islamique aurait tiré au moins deux missiles contre des navires commerciaux lundi soir. Le Wall Street Journal rapportait également que les Gardiens de la Révolution avaient averti ce week-end, par radio maritime, que tout bâtiment empruntant le détroit sans leur autorisation s’exposait à des attaques.
Cette dégradation sécuritaire intervient alors que les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran restent dans l’impasse. Lundi, Donald Trump a de nouveau mis la pression sur Téhéran, assurant que Washington conclurait un accord ou « finirait le travail », ravivant la menace d’une intervention militaire.
La réponse iranienne n’a pas tardé. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a dénoncé une remise en cause du protocole d’accord signé entre les deux pays. « Des millions d’Iraniens se sont rassemblés dans l’unité pour rendre hommage au grand ayatollah Khamenei et à son héritage. Ni eux ni nos courageuses forces armées ne se laissent intimider par aucune menace », a-t-il déclaré, avant de prévenir : « Les négociations sur l’accord définitif ne commenceront pas si les menaces persistent. Respectez votre signature. »