Ukraine : Trump échange avec Poutine avant un tête-à-tête décisif avec Zelensky
latribune.fr
Donald Trump a laissé entendre que, selon lui, l'Ukraine avait intérêt à figer la ligne de front face à de futures avancées russes qu'il juge inévitables.
MS - REUTERS - Brendan McDermid
Donald Trump s’est entretenu dimanche par téléphone avec Vladimir Poutine, un échange qu’il a qualifié de « très productif », à quelques heures d’un tête-à-tête en Floride avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, crucial pour la poursuite des pourparlers de paix sur l’Ukraine.
Vladimir Poutine et Donald Trump se sont parlé dimanche. Sans entrer dans le détail de sa conversation avec son homologue russe, le président américain a écrit sur son réseau Truth Social avoir eu « un bon entretien téléphonique, très productif ». Cet appel est intervenu quelques heures avant la rencontre prévue avec Volodymyr Zelensky à Mar-a-Lago, la résidence floridienne de Donald Trump, à 13 h 00 (19 h 00, heure française). Il s’agit du premier échange en face-à-face entre les deux hommes depuis le mois d’octobre, lorsque le président ukrainien était venu solliciter — en vain — des missiles Tomahawk auprès de son homologue américain.
Cette fois, Volodymyr Zelensky espère obtenir l’imprimatur de Donald Trump sur une nouvelle version du plan de paix pour l’Ukraine, présenté par Washington il y a près d’un mois. Le chef de l’État ukrainien a dévoilé cette semaine une mouture retravaillée du document, après d’âpres négociations réclamées par Kiev, qui jugeait la version initiale trop proche des revendications russes.
Le nouveau texte propose un gel du front sur les positions actuelles, sans apporter de solution immédiate aux revendications territoriales de Moscou, qui contrôle environ 20 % du territoire ukrainien. Il abandonne également deux exigences clés du Kremlin : le retrait des troupes ukrainiennes de la région de Donetsk et un engagement juridiquement contraignant de non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan.
Soutiens occidentaux et incertitudes américaines
Samedi, lors d’une étape à Halifax, au Canada, Volodymyr Zelensky a reçu le soutien appuyé d’Ottawa, ainsi que des Européens et de l’Otan. Dimanche, après la rencontre Trump-Zelensky à Mar-a-Lago, un échange téléphonique entre les deux hommes et plusieurs dirigeants européens est également prévu, a indiqué un porte-parole de la présidence ukrainienne. « Nous devons mettre fin à cette guerre, et pour cela, nous avons besoin de deux choses : exercer une pression sur la Russie et apporter un soutien suffisamment fort à l’Ukraine », a encore insisté Volodymyr Zelensky.
L’accueil que lui réservera Donald Trump reste toutefois incertain. « Il n’aura rien tant que je ne donne pas mon accord », a déclaré le président américain au site Politico vendredi, plantant le décor de la rencontre. Il s’est néanmoins montré confiant, estimant : « Je pense que ça se passera bien avec lui ».
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Sur le terrain, la Russie a accentué la pression. Samedi, des frappes ont visé Kiev et sa région, privant d’électricité plus d’un million de foyers pendant plusieurs heures, avant l’annonce de la prise de deux nouvelles localités dans l’est du pays. « Si les autorités de Kiev ne souhaitent pas régler ce différend pacifiquement, nous réglerons tous les problèmes qui se présentent à nous par la force », a averti Vladimir Poutine. Pour Moscou, qui a trouvé en Donald Trump un relais de certaines de ses positions, « l’Europe et l’Union européenne sont devenues le principal obstacle à la paix », selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Donald Trump ne cache plus non plus son impatience face à l’enlisement des discussions. Il « est extrêmement frustré par les deux camps », avait déclaré le 11 décembre sa porte-parole Karoline Leavitt. Le 19 décembre, le président américain avait exhorté l’Ukraine à « bouger ».
Outre le sort du Donbass et celui de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes, les discussions devraient également porter sur les garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir dans le cadre d’un éventuel accord de paix. Donald Trump a laissé entendre que, selon lui, l’Ukraine avait intérêt à figer la ligne de front face à de futures avancées russes qu’il juge inévitables. « La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu », avait-il affirmé le 8 décembre.