Dans la nuit du vendredi au samedi, un Syrien a été tué et sept personnes grièvement blessées dans le sud du Liban, au cours de frappes israéliennes. Il s’agit des « plus massives » depuis le cessez-le-feu, en novembre 2024, selon le gouvernement libanais.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé samedi des frappes nocturnes contre des « installations civiles » dans le sud du pays qui ont fait, selon le ministère de la Santé, un mort et sept blessés.
« Une fois de plus, le sud du Liban est la cible d’une agression israélienne odieuse contre des installations civiles. Sans justification ni prétexte. Mais la gravité de cette dernière agression réside dans le fait qu’elle survient après l’accord de cessez-le-feu à Gaza », a-t-il affirmé.
Le ministère de la Santé a déclaré qu’une frappe israélienne dans la région d’Al-Msayleh avait fait un mort et sept blessés.
Plus tard samedi, le ministère a fait état d’une nouvelle attaque israélienne contre un véhicule à Burj al-Qalaouiyah, dans le sud du Liban, qui a fait un mort. L’agence de presse officielle libanaise ANI a indiqué que des avions de combat israéliens avaient mené durant la nuit 10 raids visant des parcs de bulldozers et d’excavatrices. L’armée israélienne a confirmé des attaques, affirmant avoir « frappé et démantelé des infrastructures terroristes du Hezbollah dans le sud du Liban ».
« La présence de ces engins et les activités du Hezbollah dans cette zone constituent une violation des accords conclus entre Israël et le Liban », a-t-elle ajouté.
L’armée israélienne n’a pas commenté pour l’instant l’attaque de Burj al-Qalaouiyah. Un photographe de l’AFP sur place a fait état de salles d’exposition détruites, de dizaines d’engins calcinés et de pompiers en train d’éteindre les incendies.
« Nous nous sommes réveillés terrifiés par le bruit des bombardements », a confié à l’AFP une femme âgée qui a souhaité rester anonyme. « Nous avons vu la mort de nos propres yeux », a-t-elle ajouté.
A Msayleh, à plus de 40 kilomètres au nord de la frontière avec Israël, se trouve la résidence du président du Parlement et allié du Hezbollah, Nabih Berri.
Le Hezbollah dit au gouvernement d’être « ferme »
Le Hezbollah a condamné ces frappes dans un communiqué, affirmant qu’elles s’inscrivaient dans le cadre d’une « campagne répétée et délibérée visant les civils et les infrastructures économiques, avec pour objectif d’empêcher la population de retrouver une vie normale ». Le mouvement chiite a appelé le gouvernement libanais à adopter une position « ferme » contre ces attaques.
Malgré le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, qui avait mis fin à plus d’un an de conflit meurtrier entre Israël et le Hezbollah, l’armée israélienne continue de mener des frappes quasi quotidiennes au Liban, affirmant viser des membres du mouvement soutenu par l’Iran et l’accusant de tenter de reconstituer ses forces.
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L’ONU a indiqué début octobre que 103 civils avaient été tués au Liban depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Le Liban craint une intensification des attaques israéliennes contre le Hezbollah, qui refuse de rendre ses armes à l’Etat.
En octobre 2023, le mouvement pro-iranien avait commencé à lancer des roquettes sur Israël pour soutenir le Hamas dans la guerre de Gaza. Des mois d’échanges ont ensuite dégénéré en une guerre ouverte en septembre 2024, avant qu’un cessez-le-feu ne soit conclu deux mois plus tard.