Le nouvel accord prévoit d'éliminer 99 % des droits de douane sur les échanges qui ne sont pas déjà couverts par l'ancien traité (photo d'illustration).
Ursula von der Leyen signe ce vendredi à Mexico un accord commercial mondial modernisé avec le gouvernement de Claudia Sheinbaum. Face aux pressions de Washington et de Pékin, ce traité stratégique prévoit la suppression de 99 % des droits de douane restants entre les deux puissances.
C’est le grand jour pour les relations commerciales entre le Mexique et l’Europe. Ursula von der Leyen et Antonio Costa sont à Mexico ce vendredi pour signer un accord « global » à l’occasion du huitième sommet UE-Mexique. Entre un Donald Trump erratique avec sa politique commerciale agressive et le rouleau compresseur chinois, les deux puissances ont accéléré dans les négociations de cet accord entamées depuis 2016. D’autant que les États-Unis, le Mexique et le Canada sont, dans le même temps, en train de renégocier leur accord de libre-échange, l’USMCA.
« La modernisation met en place un cadre ambitieux et moderne pour approfondir et élargir les relations politiques, de coopération, commerciales et d’investissement entre l’UE et le Mexique », notait déjà la Commission.
Les relations commerciales entre le Mexique et l’UE ne datent pas d’hier. Leur premier accord commercial est entré en vigueur en 2000. En 2025, les échanges bilatéraux ont excédé les 86 milliards d’euros, faisant de l’UE le troisième partenaire commercial du pays d’Amérique du Nord, après les États-Unis et la Chine. De son côté, le Mexique a exporté pour un peu plus de 33 milliards d’euros, principalement des machines, des appareils électroménagers, des produits chimiques ou encore des métaux de base.
Chocolats, vin, confitures…
Le nouvel accord prévoit d’éliminer 99 % des droits de douane sur les échanges qui ne sont pas déjà couverts par l’ancien traité. Entre autres, les produits européens comme le fromage, la volaille, le porc, les confitures ou encore le chocolat et le vin verront leurs droits de douane en grande partie supprimés. Les procédures seront aussi simplifiées pour que les exportations agroalimentaires soient plus rapides. Le Mexique compte, lui, étendre son marché sur les produits agricoles comme les avocats, les mangues, la tequila ou les bananes.
La Commission européenne souligne également d’autres bénéfices à cet accord comme un renforcement de « la chaîne d'approvisionnement en matières premières critiques locales » et une contribution « à la croissance des exportations de services de l'UE dans des secteurs clés tels que les services financiers, les transports, le commerce électronique et les télécommunications ».
« Grâce à cet accord, nous allons pouvoir éliminer les barrières qui subsistent encore au commerce et à l'investissement », a déclaré jeudi la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors du sommet.
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De son côté, le Mexique espère une augmentation des investissements du Vieux Continent dans le pays. Dans l’accord figure également un accès aux marchés publics mexicains « sur un pied d’égalité avec les entreprises locales ».
« Cet accord est très important car il instaure des réductions tarifaires pour de nouveaux produits, offrant ainsi aux produits agroalimentaires mexicains un accès préférentiel au marché européen, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour notre secteur agricole », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Roberto Velasco, lors d’une conférence de presse mardi, rapporte le quotidien El País.
Accordintérimaire
Après la signature, l’accord doit encore être ratifié par le Parlement européen et celui du Mexique. Pour éviter tout blocage au niveau de l’UE, il existe un accord intérimaire qui ne dépend que des compétences de l’Union et qui ne concerne que la question commerciale. Après ratification complète, l’accord de libre-échange multilatéral, qui comprend aussi un volet politique, de coopération et d’investissement, pourra donc entrer en vigueur.
Le gouvernement de Claudia Sheinbaum, la présidente du Mexique, n’anticipe pas de blocage de son côté. Du côté de l’UE, l’accord se montre favorable pour les agriculteurs, il ne risque pas une levée de boucliers de la part des États comme ce fut le cas avec le Mercosur.