Le corridor économique qui permettra de rejoindre l'Inde à l'Europe, bénéficie du soutien des Etats-Unis et de la volonté d'en faire un vecteur de paix au Moyen-Orient.C’est un « un pont vert et numérique entre les continents et les civilisations », selon Ursula Von Der Leyen ; « le plus grand projet de coopération de notre histoire », d’après Benyamin Netanyahou. Lancé en septembre 2023, le Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) a fêté sa deuxième bougie il y a un mois. En deux ans, le projet titanesque a déjà subi de nombreuses secousses : attaque du 7 octobre un mois après le lancement, une guerre à Gaza qui s’éternise, le retour de Donald Trump au pouvoir et la mise en place des tarifs douaniers. Rien n’aura épargné l’IMEC. Pourtant, en ce début d’automne, le projet entrevoit de beaux jours.
Le soutien américain
Nommé en février 2024 envoyé spécial pour le projet par le chef de l’État, Gérard Mestrallet, ancien directeur général de Suez et Engie, est à la manœuvre. Ce jeudi et vendredi, l’Union européenne organise son forum annuel du Global Gateway, ce projet de routes logistiques qui veut concurrencer les nouvelles routes de la soie chinoises. En marge de l’événement, les signataires de l’IMEC (Inde, États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Italie, France, Union européenne et Allemagne) se réunissent également à Bruxelles, avec le même objectif. La réunion permettra « d’avancer sur une feuille de route et sur la gouvernance du corridor », détaille Gérard Mestrallet. L’ancien patron de Suez se heurte toutefois par moments à l’absence d’interlocuteur clairement défini chez ses homologues étrangers.
Il faut dire que chaque pays « s’approprie le projet » à sa manière, selon les termes de Jean-Loup Samaan, expert associé à l’Institut Montaigne. Dans cette perspective, chacun avance à la fois dans l’intérêt de cette grande route commerciale qui reliera l’Inde à l’Europe, mais aussi dans des intérêts plus nationaux. Ainsi, si quelques doutes planaient lors du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Gérard Mestrallet l’assure « la nouvelle administration américaine maintient son soutien au projet ».