Après l'effondrement du régime de Maduro, Mexico accélère ses livraisons de brut vers La Havane. Ce pivot, confirmé par la présidente Claudia Sheinbaum le 7 janvier 2026, place le Mexique en première ligne face à une administration américaine prête à utiliser l'arme commerciale du traité USMCA.L'annonce officielle de la présidente Claudia Sheinbaum, ce mercredi 7 janvier, acte une réalité industrielle qui redessine les équilibres caribéens : le Mexique est désormais le principal garant de la survie énergétique de Cuba. « Le Mexique devient évidemment un fournisseur important », a déclaré la cheffe de l'État, confirmant un basculement imposé par l'effondrement brutal de l'approvisionnement vénézuélien.
Les chiffres compilés par la société d'analyse Kpler et relayés par le Financial Times révèlent qu'en 2025, le Mexique a exporté une moyenne de 12 284 barils par jour vers Cuba, marquant une progression de 56 % par rapport à l'année précédente. Ce volume représente désormais 44 % des importations totales de brut de l'île. Parallèlement, le Venezuela, asphyxié par une crise systémique aggravée par l'opération militaire « Absolute Resolve », a vu ses livraisons chuter à 9 528 barils par jour en 2025, soit un retrait massif de 63 %.
L'opacité des flux financiers de Gasolinas Bienestar
La réalité des flux pourrait même être supérieure aux estimations du suivi maritime. Les déclarations de Petróleos Mexicanos (Pemex) auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) indiquent que sa filiale spécialisée, Gasolinas Bienestar, créée en 2022, aurait acheminé environ 17 200 barils de brut et 2 000 barils de produits raffinés par jour entre janvier et septembre 2025.
Ce soutien massif pèse lourdement sur les finances de Mexico.