Budapest bloque le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie
latribune.fr
Budapest, dirigée par le Premier ministre Viktor Orban, a régulièrement exprimé ses réserves face aux sanctions européennes contre Moscou, invoquant les intérêts énergétiques et économiques du pays.
LTD/Ferenc ISZA/AFP
La Hongrie a annoncé qu’elle s’opposerait à l’adoption du nouveau train de sanctions de l’Union européenne contre Moscou, invoquant l’arrêt des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba.
La Hongrie a décidé de bloquer le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a annoncé dimanche sur Facebook que Budapest s’opposerait à son adoption lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères.
« Demain, il est prévu que la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères adopte le 20e paquet de sanctions. Nous bloquerons cette décision », a-t-il déclaré. « Tant que les Ukrainiens ne permettront pas les livraisons de pétrole à la Hongrie, nous n’autoriserons pas l’adoption de décisions importantes pour eux », a-t-il ajouté.
Le dossier sensible de l’oléoduc Droujba
Au cœur du différend : l’oléoduc Droujba, qui transite par l’Ukraine avant d’acheminer du pétrole russe vers la Slovaquie et la Hongrie. Selon Kiev, l’infrastructure a été endommagée le 27 janvier par des frappes russes à Brody. Budapest continue toutefois d’importer du pétrole russe via cet oléoduc, provisoirement exempté des précédents régimes de sanctions afin de laisser le temps aux pays d’Europe centrale de diversifier leurs approvisionnements.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, l’Union européenne a adopté dix-neuf trains de sanctions contre Moscou, notamment une interdiction sur la plupart des importations de pétrole russe.
Début février, la Commission européenne a proposé un nouveau paquet visant le secteur bancaire et énergétique russe, ainsi que de nouvelles interdictions d’exportation et d’importation. L’exécutif européen souhaite également activer pour la première fois son instrument « anticoercition », afin d’interdire l’exportation de machines-outils à commande numérique ou de radios vers des pays présentant un risque élevé de réexportation vers la Russie.
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L’adoption du paquet requiert l’accord des 27 États membres. La position hongroise menace donc de retarder, voire de bloquer, l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures. Budapest, dirigée par le Premier ministre Viktor Orban, a régulièrement exprimé ses réserves face aux sanctions européennes contre Moscou, invoquant les intérêts énergétiques et économiques du pays.