Commerce : Washington tente se s'émanciper de sa dépendance à la Chine
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Le président américain Donald Trump en tournée en Asie REUTERS/Jonathan Ernst
SAV - REUTERS - JONATHAN ERNST
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Pour sa première visite en Malaisie en tant que président, Donald Trump a été reçu en grande pompe par le Premier ministre Anwar Ibrahim. De bonne humeur, le président américain en a profité pour signer dimanche en Malaisie une série d'accords commerciaux avec des pays asiatiques, espérant en faire de même dans quelques jours avec son homologue chinois Xi Jinping, lors d'une rencontre cruciale pour l'économie mondiale. Les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis se sont récemment accentuées, notamment lorsque Pékin a décidé de renforcer ses contrôles sur ses exportations de terres rares, des matériaux cruciaux pour l'industrie moderne.
Washington et Pékin ont entamé samedi dans la capitale malaisienne Kuala Lumpur des négociations commerciales, qui se sont conclues dimanche sur une note encourageante, avant l'entretien prévu jeudi avec Xi Jinping en Corée du Sud pour mettre fin à leur guerre commerciale. Cette rencontre, en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) en Corée du Sud, est considéré comme le point d'orgue de la tournée asiatique du président américain. « Je pense que nous allons trouver un bon accord avec la Chine », a assuré Donald Trump devant la presse, alors que le président américain avait menacé courant octobre d'imposer des droits de douane supplémentaires de 100% sur les produits chinois au 1er novembre.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a d'ailleurs jugé dimanche que sa discussion avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng à Kuala Lumpur avait permis « de préparer la rencontre des dirigeants dans un contexte très positif ». Côté chinois, le représentant pour le commerce international, Li Chenggang, a assuré que Pékin et Washington étaient parvenus à un « consensus préliminaire » afin de résoudre leurs différends commerciaux.
Parmi les accords signés, le président américain a conclu « un important accord commercial avec le Cambodge et un accord très important sur les minéraux critiques avec la Thaïlande ». Il a également annoncé la signature dimanche d'un accord avec la Malaisie sur le commerce et les minéraux. Kuala Lumpur a accepté de s'abstenir d'interdire ou d'imposer des quotas sur les exportations de minerais critiques ou d'éléments de terres rares vers les États-Unis, ont indiqué les deux pays dans une déclaration commune. En outre, la Malaisie a accepté de fournir un accès préférentiel significatif à son marché pour les biens industriels et les importations agricoles en provenance des États-Unis.
Pour autant, les États-Unis maintiendront un taux de droits de douane de 19% sur la plupart des exportations en provenance de ces trois pays dans le cadre de ces accords, selon les déclarations conjointes publiées par la Maison blanche. Dans le même temps, la Thaïlande éliminera les barrières tarifaires sur environ 99% de ses marchandises, couvrant une gamme complète de produits industriels, alimentaires et agricoles américains, ont indiqué les deux pays.
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Reçu avec les honneurs à Kuala Lumpur pour la première étape de sa tournée en Asie, le président américain a également cosigné, en marge d'un sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), un accord de cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande, qu'il a jugé « historique ». Les deux pays, qu'oppose un vieux différend frontalier, se sont affrontés en juillet à leur frontière. Ces combats ont fait au moins 43 morts et provoqué des déplacements massifs de population. C'est un « pas monumental » vers la paix, a assuré dimanche Donald Trump à propos de ce texte qu'il a jugé « historique ». Il prévoit notamment le déploiement d'observateurs régionaux et la libération de 18 prisonniers cambodgiens.
La Thaïlande et le Cambodge étaient convenus d'une trêve le 28 juillet après l'intervention de Donald Trump, du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim et de négociateurs chinois. Mais l'hôte de la Maison Blanche s'en est attribué le mérite.
« Je ne devrais pas dire que c'est un hobby, parce que c'est bien plus sérieux qu'un hobby, mais je suis bon à ça et j'aime ça », a-t-il raconté dimanche à propos de ses activités de médiation.
Soucieux d'apaiser les tensions bilatérales avec certains pays, Donald Trump a également rencontré le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, un dirigeant avec lequel il avait pourtant engagé un bras de fer politico-commercial. « Nous devrions arriver à trouver de bons accords pour nos deux pays », a assuré Donald Trump à son homologue. « Je pense que nous finirons par avoir une très bonne relation », a-t-il souligné. De son côté, le président brésilien a déclaré avoir eu une réunion « excellente » dimanche avec Donald Trump et que leurs équipes respectives commenceraient « immédiatement » à discuter des droits de douane et d'autres questions.
Cette réunion a permis d'avancer en vue d'apaiser les tensions entre leurs pays après que Donald Trump a augmenté les droits de douane sur la plupart des produits brésiliens à 50%, contre 10% début du mois d'août. « Nous sommes convenus que nos équipes se réuniraient immédiatement afin de trouver des solutions concernant les droits de douane et les sanctions contre les autorités brésiliennes », a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva dans un message sur X à l'issue de la réunion. Lula avait qualifié la hausse des droits de douane d'« erreur », citant l'excédent commercial de 410 milliards de dollars des États-Unis avec le Brésil sur une période de 15 ans.
Le président américain est attendu lundi au Japon. Il doit y rencontrer la nouvelle Première ministre, la nationaliste Sanae Takaichi. Avant son départ de Washington, Donald Trump s'était également dit « ouvert » à une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, ce qui serait une première depuis 2019.
(avec Afp et Reuters)
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