« Poutine n’arrêtera pas ce conflit même si la Russie doit en payer le prix » : Moscou accuse le coût de la guerre avec l'Ukraine
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Vladimir Poutine à Moscou, le 8 mai 2026.
Ramil Sitdikov/Reuters
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Vladimir Poutine à Moscou, le 8 mai 2026.
Ramil Sitdikov/Reuters
Cette fois, l’heure est grave. Sinon pourquoi Anton Silouanov, ministre des Finances de la Fédération de Russie, aurait-il pris la peine d’écrire ce courrier pour sermonner le gouvernement ? Serrez-vous la ceinture !, dit en substance la missive dévoilée cette semaine par le Financial Times. À quelques jours du traditionnel Forum économique de Saint-Pétersbourg, censée être une vitrine pour le régime, la demande n’est pas du meilleur effet.
Mais l’argentier russe n’a pas vraiment le choix. Les finances publiques s’enfoncent dangereusement dans le rouge. Pour les seuls quatre premiers mois de l’année 2026, le déficit budgétaire s’élève déjà à 5.900 milliards de roubles (environ 71 milliards d’euros), soit 2,5 % du PIB. Jamais depuis 2022 il n’avait atteint un tel sommet. Surtout, il atomise les prévisions pour l’ensemble de l’année, puisque le gouvernement tablait sur un déficit de 3.800 milliards de roubles (46 milliards d’euros).
À ces comptes publics plombés s’ajoute une autre mauvaise nouvelle : l’atonie de la croissance. Elle avait déjà donné des signes de fatigue l’année passée, dépassant à peine les 1 %. Les nouvelles prévisions pour 2026, dévoilées il y a quinze jours, sont bien pires : 0,4 % contre 1,3 % précédemment prévu. L’inflation, elle, devrait continuer à flirter avec les 6 %.
Au vu du contexte international, il peut sembler surprenant que la Russie traverse un printemps aussi meurtrier. L’actuel blocage du détroit d’Ormuz est une aubaine pour son secteur pétrolier, qui bénéficie en outre de nouvelles largesses de Washington pour écouler son brut. Mais les chiffres annoncés sont loin du miracle attendu. « Il faut quelques semaines pour que la croissance des revenus pétrogaziers se traduise dans les chiffres de recettes de l’État et dans les dépenses publiques », tempère Julien Vercueil, économiste à l’Inalco.