Hausse de 7,4 % du gaz, malus au poids étendu aux voitures électriques les plus lourdes, rabot de l’aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) et l'arrivée du nouveau congé de naissance, voici tout ce qui change au 1er juillet.
Le 1er juillet, un concentré de signaux budgétaires, énergétiques et sociaux entre en vigueur. Entre la hausse du prix repère du gaz, l’extension du malus au poids aux voitures électriques les plus lourdes, le rabot de l’aide à la création ou à la reprise d'une entreprise et l’entrée en vigueur d’un nouveau congé de naissance pour tous les parents, les ajustements sont petits dans les montants mais importants dans ce qu'ils racontent des nouvelles priorités.
Gaz : une hausse modeste sur la facture, lourde sur la perception
Le 1er juillet, le prix repère de vente du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) augmente de 7,4 % toutes taxes comprises. Pour un ménage type, la hausse est estimée à environ 2,70 euros sur le seul mois de juillet, un montant modeste en valeur mais qui s’ajoute à plusieurs séquences de tension tarifaire depuis deux ans.
Le gouvernement l’inscrit dans une mécanique d’ajustements réguliers liée aux coûts d’acheminement et d’approvisionnement, après une baisse technique observée en juin. Pour les particuliers, c’est une pression supplémentaire sur un poste de dépense qui reste sensible dans le débat public, alors même que les aides à l’énergie se normalisent.
Pour les PME gourmandes en gaz — agroalimentaire, industrie légère, collectivités déléguées —, l’enjeu se noue sur la trajectoire dessinée : le gaz reste un input volatil, soumis aux reconfigurations géopolitiques et aux arbitrages réglementaires sur le carbone. En pratique, une nouvelle hausse, même contenue, nourrit la prudence dans les plans de prix et les marges. Certaines entreprises répercutent rapidement les variations sur leurs tarifs, d’autres absorbent temporairement pour préserver les volumes ; dans tous les cas, l’instabilité du coût énergétique devient un facteur central de pilotage, qui s’ajoute aux contraintes salariales et de financement.
Malus poids : la fin de l’exonération automatique pour les électriques
Jusqu’au 30 juin, les véhicules 100 % électriques étaient exonérés du malus au poids ; à partir du 1ᵉʳ juillet, cette immunité disparaît pour les modèles les plus lourds. Le principe retenu reste plus favorable que pour les motorisations thermiques : 600 kg sont retranchés de la masse réelle avant calcul, ce qui revient à ne taxer que la fraction au-dessus du seuil de 1 500 kg fixé pour 2026. Une berline électrique de 2 200 kg sera ainsi traitée comme un véhicule de 1 600 kg, avec un malus appliqué uniquement sur les 100 kg qui dépassent les 1 500 kg.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Le marché français a en effet basculé vers des modèles de plus en plus lourds et équipés, batterie généreuse et habitacle haut perché. Voir les électriques entrer dans le champ du malus poids les pousse à contenir les gabarits, optimiser les plateformes et arbitrer entre autonomie et fiscalité. Bonus à l’achat, leasing social et sobriété fiscale ne se cumulent plus automatiquement : une façon de dire que la politique climatique ne se réduira pas à subventionner des véhicules, mais à infléchir la structure même du parc roulant.
Acre rabotée : le micro-entrepreneur paie une part plus lourde
À compter du 1ᵉʳ juillet, l’aide à la création ou reprise d’entreprise (Acre) devient moins avantageuse pour les microentreprises créées ou reprises à cette date. L’exonération de cotisations sociales, qui permettait de réduire de 50 % le taux habituel pendant une période de démarrage, tombe à 25 %. Un micro-entrepreneur qui payait 50 % des cotisations sur ses premiers mois d’activité en paiera désormais 75 %. Cela renchérit le coût de lancement des activités indépendantes et des petits projets, là où se concentre une partie du tissu entrepreneurial local.
Les créateurs d’entreprise se retrouvent au croisement de deux impératifs contradictoires pour l'État : la nécessité de soutenir l’initiative économique, en particulier dans les zones en déclin industriel, et la volonté de contenir les dépenses publiques. La baisse de l’Acre envoie le message que le risque entrepreneurial doit désormais être assumé davantage par ceux qui se lancent, au moins sur le volet cotisations.
Congé de naissance : un nouveau droit dans un paysage d'arbitrages douloureux
Dans un environnement de rigueur, le congé supplémentaire de naissance apparaît comme l’exception positive. Pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er juillet 2026, chacun des deux parents pourra bénéficier d’un congé supplémentaire de naissance d’une durée d’un à deux mois. Ce congé vient s’ajouter aux dispositifs existants — maternité, paternité, adoption — et peut être pris dans les neuf mois suivant l’arrivée de l’enfant au foyer.
Les décrets parus fin mai fixent une indemnisation dégressive pour les salariés : autour de 70 % du salaire net plafonné le premier mois, puis 60 % le second, via des indemnités journalières. Signe important, le droit n’est pas réservé aux naissances du second semestre : les parents d’enfants nés entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2026 pourront aussi en bénéficier, avec un calendrier spécifique de prise jusqu’au début 2027.
Dans les secteurs à forte proportion de jeunes actifs — services, distribution, santé, numérique — la généralisation d’un congé de naissance supplémentaire signifie davantage d’absences longues concentrées sur le deuxième semestre, parfois en cascade. Coût immédiat pour les entreprises, le droit au temps autour de la naissance devient un investissement social et un élément de l'attractivité des employeurs, dans un marché du travail où attirer et retenir les jeunes talents passe aussi par ces signaux. Le gouvernement prend le risque de complexifier la vie des entreprises sur les absences, mais gagne un symbole social fort.
Leasing social, carte des argiles : les signaux faibles de juillet
Le gouvernement met aussi en avant une nouvelle édition du « leasing social », ce dispositif qui permet à des ménages modestes d’accéder à des véhicules peu émetteurs à loyer réduit.
Plus discrète, une nouvelle carte nationale du risque de retrait-gonflement des argiles s’applique, avec des conséquences pour l’immobilier individuel et les obligations d’information lors des ventes. Dans les zones les plus exposées, les assureurs habitation ajustent leurs conditions, tandis que les constructeurs voient leurs coûts de fondations et de prévention augmenter.